
Le tribunal criminel de Port-au-Prince a rendu, ce lundi 27 juillet 2026, une décision majeure dans le dossier de l’assassinat de la policière Nathanielle Médjine Michel, tuée le 28 août 2024 à Delmas 75. À l’ouverture des assises criminelles, les juges ont condamné à la réclusion criminelle à perpétuité le policier Jean Andersen Cantave ainsi que son épouse, Nathalie Michel, reconnue comme la sœur biologique de la victime.
Jean Andersen Cantave, agent 2 affecté à l’Unité départementale de maintien de l’ordre (UDMO/Ouest-I), et son épouse ont été déclarés responsables de leur implication dans ce crime à l’issue des débats devant le tribunal.
Les audiences ont également été marquées par une question procédurale. À la demande du commissaire du gouvernement près le Tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Jean Fritz Patterson Dorval, le doyen du tribunal, Me Bernard Saint-Vil, a rendu une ordonnance avant dire droit entraînant le renvoi du jury.
Le ministère public a expliqué que l’ordonnance de clôture renvoyait les deux accusés devant la juridiction pour répondre des accusations d’assassinat, de complicité d’assassinat et d’association de malfaiteurs. Toutefois, selon le parquet, le chef d’association de malfaiteurs ne relève pas de la compétence d’un tribunal siégeant avec l’assistance d’un jury, ce qui a motivé cette décision procédurale.
D’après les éléments versés au dossier, les deux condamnés avaient été dénoncés par la mère de Nathanielle Médjine Michel. L’enquête évoque un conflit familial lié à la gestion et à la propriété de la maison familiale, présenté comme le principal mobile ayant conduit au meurtre de la policière.
Ces audiences interviennent à quelques jours de la clôture officielle de l’année judiciaire, prévue le dernier vendredi de juillet conformément au décret d’août 1995.
Les assises criminelles actuellement en cours à Port-au-Prince constituent les premières organisées dans cette juridiction depuis 2018. Plusieurs dossiers sont inscrits au rôle et concernent des infractions graves, notamment des assassinats, des enlèvements, des vols à main armée, des cas de complicité d’assassinat ainsi que des affaires de viol.
La reprise de ces assises marque une étape importante pour le fonctionnement de la justice pénale dans la capitale, avec plusieurs affaires majeures appelées à être tranchées avant la fin de l’année judiciaire.
Rédaction Kominotek NEWS

