Insécurité en Artibonite : Les correcteurs du baccalauréat menacent d’arrêter le travail pour obtenir la libération de deux enseignants kidnappés

La situation sécuritaire dans le département de l’Artibonite continue de se dégrader, et les conséquences commencent à se faire sentir sur le système éducatif. En effet, les enseignants chargés de corriger les copies du baccalauréat ont décidé de suspendre leur travail à partir du lundi 10 août, afin de réclamer la libération de deux de leurs collègues qui ont été kidnappés par des hommes armés.
Lors d’une conférence de presse organisée récemment, les correcteurs ont exprimé leur profonde inquiétude face à la montée de l’insécurité dans la région. Luc Occera, qui s’est exprimé au nom du groupe, a confirmé que les travaux de correction seront suspendus dans les prochains jours si aucune avancée n’est enregistrée dans le dossier. Les enseignants exigent la libération immédiate de Jean Mary Judner et Ansy Hérard, qui ont été enlevés alors qu’ils se rendaient aux Gonaïves pour participer aux travaux de correction des examens officiels.
Selon les informations recueillies, les deux professeurs avaient quitté Saint-Marc en direction des Gonaïves lorsqu’ils ont été interceptés et kidnappés par des individus armés. Les familles des deux enseignants sont dans l’angoisse depuis leur disparition, et les correcteurs ont lancé un appel aux ravisseurs pour qu’ils relâchent les deux enseignants sans condition. Luc Occera a également exhorté les autorités compétentes à agir avec diligence pour obtenir leur libération et garantir leur retour en toute sécurité.
Au-delà de ce cas, les correcteurs dénoncent l’insécurité persistante qui affecte les principaux axes routiers de l’Artibonite. Les enlèvements, les attaques contre les usagers de la route et les restrictions de circulation continuent de perturber les activités économiques, éducatives et administratives de la région. Les enseignants demandent aux autorités de renforcer les dispositifs de sécurité afin de permettre aux citoyens, notamment aux enseignants et aux étudiants, de circuler librement sans craindre pour leur vie.
La situation est d’autant plus préoccupante que le département de l’Artibonite est confronté depuis plusieurs années à une présence grandissante de groupes armés. Les conséquences de cette insécurité sont déjà visibles, et l’arrêt annoncé des travaux de correction pourrait avoir des répercussions directes sur le calendrier des examens officiels. Un ralentissement du processus de correction risque d’entraîner un retard dans la publication des résultats du baccalauréat, affectant ainsi des milliers de candidats à travers le pays.
Pour l’heure, les autorités n’ont pas encore réagi publiquement à cette annonce, et il est difficile de savoir quelles démarches sont entreprises pour obtenir la libération des deux enseignants. Les correcteurs restent déterminés à suspendre leur travail si leurs exigences ne sont pas satisfaites, et il est à craindre que la situation ne se dégrade encore davantage dans les prochains jours. La communauté éducative et les autorités compétentes doivent trouver une solution rapide pour mettre fin à cette crise et garantir la sécurité des enseignants et des étudiants dans la région.
Rédaction Kominotek NEWS

