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Accusations de corruption : le ministre Jean Michel Moïse poursuit son directeur général en justice

Le ministre haïtien de la Défense, Jean Michel Moïse, a annoncé mercredi 4 février son intention de porter plainte contre son directeur général, Jean Ronel Sistani, pour diffamation présumée, à la suite de graves allégations de corruption formulées par ce dernier. M. Moïse réfute formellement ces accusations et les qualifie d’« infondées », soulignant qu’aucune preuve concrète ne viendrait étayer les allégations de son collaborateur. L’affaire, désormais placée sous le prisme juridique, met en lumière des tensions internes au sein de l’institution, tout en soulevant des interrogations sur la gestion des projets publics dans un secteur clé pour le pays.

Selon le ministre, les projets mentionnés par M. Sistani dans ses déclarations publiques relèvent en grande partie du budget précédant celui en cours. Il insiste sur le fait qu’il s’agit de programmes non exécutés en 2023, qui ont été intégrés au plan budgétaire actuel et restent, pour la plupart, en phase d’étude technique au ministère de la Planification. « Il n’y a absolument aucune preuve de détournement », a-t-il martelé, soulignant que les décisions budgétaires suivent des procédures strictes encadrées par des mécanismes institutionnels.

Pour appuyer son argumentation, M. Moïse a rappelé le rôle des organismes compétents dans la gestion des marchés publics. L’Unité d’étude et de programmation (UEP) ainsi que la Commission ministérielle des marchés publics (CMMP) sont, selon lui, chargées de l’identification, de la contractualisation et du suivi des projets. Ces entités, selon le ministre, disposent des outils nécessaires pour expliciter le montant des fonds engagés et l’état réel d’avancement des dossiers. « Les citoyens peuvent exiger des comptes rendus précis », a-t-il indiqué, invitant le public à se tourner vers ces institutions pour obtenir des réponses.

Lors de sa déclaration à la presse, M. Moïse a affirmé que l’initiative de son directeur général constituait une atteinte à son honneur. « Il devra répondre devant la justice pour les dommages causés à ma réputation », a-t-il déclaré au journal *Le Nouvelliste*, ajoutant qu’il exigeait, en retour, des preuves documentées pour soutenir les accusations. Cette démarche juridique, qualifiée de « légitime », vise à protéger le ministre contre ce qu’il perçoit comme une instrumentalisation malveillante des informations.

De son côté, Jean Ronel Sistani persiste dans ses allégations, évoquant des montants impressionnants de plusieurs centaines de millions de gourdes (équivalant à plusieurs millions de dollars) consacrés à des projets militaires et agricoles, sans résultats tangibles. Il a réitéré ses accusations de malversations dans une communication non officielle, publiée sur les réseaux sociaux, soulignant l’absence de transparence dans l’utilisation des ressources. Cette confrontation médiatique entre les deux responsables soulève des questions cruciales sur la gouvernance du ministère de la Défense et la nécessité d’une réforme des processus budgétaires. Les observateurs soulignent que cette crise pourrait avoir des répercussions sur la crédibilité institutionnelle et l’efficacité des politiques publiques dans un secteur stratégique pour la sécurité et le développement du pays.

 

Rédaction Kominotek NEWS

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