SOCIETE

Le cancer en Haïti : un fléau croissant face à un système de santé sous-développé

Selon le dernier rapport *Globocan 2025* publié par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), près de 13 000 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués chaque année en Haïti, entraînant environ 9 000 décès. Ces chiffres alarmants soulignent un problème de santé publique en constante progression, aggravé par des infrastructures médicales insuffisantes et une absence de programmes préventifs structurés.

Le Dr Joseph Bernard Jr, expert en oncologie et figure de proue dans la lutte contre les pathologies cancéreuses, a dénoncé jeudi 5 février 2026, lors d’une interview diffusée sur l’émission matinale de Magik 9, le manque d’engagement institutionnel dans ce domaine. « Le cancer est un défi majeur que nous n’arrivons pas à contenir, explique-t-il. Le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) ne dispose toujours pas d’une stratégie nationale cohérente pour l’identification, le suivi et la prise en charge des patients », a-t-il souligné.

L’absence d’un système de dépistage précoce, combinée à des ressources limitées dans les hôpitaux, rend la situation critique. À Haïti, moins de 30 % des cas sont détectés avant qu’ils ne deviennent tératogènes, selon des données non officielles. Les patients, souvent contraints d’attendre plusieurs semaines pour obtenir un diagnostic, se retrouvent dans des états avancés de la maladie, réduisant drastiquement leurs chances de rémission.

Le Dr Bernard a également mis en lumière les difficultés de fonctionnement des unités de cancérologie existantes. L’hôpital Saint-François de Sales, situé à Turgeau, abrite l’une des rares cliniques dédiées à l’oncologie en Haïti. Cependant, ses équipements sont vieillissants, et les stocks de chimiothérapie, souvent insuffisants, imposent des interruptions dans le traitement. « Nous sommes dans une situation où chaque décision d’achat de médicaments doit être priorisée, ce qui est inacceptable dans un pays où la vie humaine a une valeur », a-t-il déploré.

Les experts soulignent que l’épidémie de cancer en Haïti est liée à plusieurs facteurs : l’urbanisation accélérée, les comportements à risque (tabagisme, alcoolisme, alimentation malsaine), ainsi qu’un accès inégal à l’éducation sur la prévention des cancers. Les femmes, particulièrement touchées par les formes hormonodépendantes comme le cancer du sein et celui du col de l’utérus, accusent un taux de mortalité élevé en raison du manque de dépistage régulier.

Face à cette crise, des organismes internationaux, dont l’OMS et des ONG locales, ont lancé des initiatives pour renforcer les capacités locales. Cependant, les efforts restent fragmentés et insuffisants pour répondre à l’ampleur du problème. Le Dr Bernard insiste sur l’urgence d’une coordination nationale : « Il faut un plan d’action clair, des financements stables et la formation de personnel médical spécialisé. Le temps presse, car chaque année, des milliers de vies sont perdues à cause de l’inaction ».

En conclusion, le rapport *Globocan* ne laisse aucun doute : sans transformation radicale du système de santé haïtien, l’augmentation des cas de cancer ne fera que s’accélérer. La priorité absolue réside dans la mise en place d’un réseau de santé intégré, alliant prévention, diagnostic et soins, pour offrir une chance réelle aux patients et sauver des vies.

 

Rédaction Kominotek NEWS

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