Haïti : la CARICOM confie la transition politico-administrative au Premier ministre suite à l’effondrement du Conseil présidentiel de transition

L’organisation régionale CARICOM a formellement reconnu l’échec du Conseil présidentiel de transition (CPT), marquant un tournant décisif dans la dynamique politique haïtienne. Désormais, c’est le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé qui encadrera la transition, à partir du 7 février, conformément aux directives de Global Infos. Cette décision, prise après des mois de tensions internes et de défis diplomatiques, vise à relancer un processus politique stabilisant dans un pays encore fragilisé par des crises récurrentes.
La CARICOM a souligné que les divergences irréconciliables entre les membres du CPT, combinées à des pressions internationales visant plusieurs de ses figures, ont compromis son efficacité. L’absence de consensus sur les priorités et les méthodes de gestion de la transition a rendu cet organe inopérant, obligeant la communauté régionale à reconfigurer le cadre institutionnel. En priorisant la continuité de l’État et la prévention d’un vide de pouvoir, la CARICOM a opté pour une solution simplifiée, déléguant les pouvoirs exécutifs au Premier ministre.
Dans ce nouveau modèle, le chef du gouvernement est chargé de mener à bien plusieurs missions clés. Il devra d’abord accélérer la mise en œuvre des réformes jugées essentielles, notamment dans les domaines de la justice, de la sécurité et de la gestion des ressources publiques. Parallèlement, il devra intensifier la collaboration avec la coalition internationale, en particulier la force multinationale de sécurité, pour sécuriser les institutions et les populations. Enfin, il est chargé de préparer les conditions idéales pour des élections crédibles, une étape cruciale pour sortir du cycle de l’instabilité.
La CARICOM a réitéré son soutien à ce processus, tout en exhortant les acteurs politiques haïtiens à adopter une posture constructive. Selon l’organisation, la réussite de cette phase transitoire dépendra en grande partie de la capacité du gouvernement à restaurer la confiance des citoyens et à rétablir un fonctionnement transparent des institutions. Les leaders locaux sont invités à surmonter les divergences d’intérêt pour servir les intérêts supérieurs du pays.
Cette restructuration marque une rupture avec le précédent dispositif, tout en confirmant l’engagement de la communauté internationale et régionale à soutenir Haïti dans sa quête de stabilité. Le défi reste immense, mais l’assignation des responsabilités à un acteur unique, le Premier ministre, pourrait permettre une meilleure coordination des actions. Reste à voir si cette nouvelle configuration saura répondre aux attentes des Haïtiens, qui demandent à la fois des résultats concrets et une gouvernance plus inclusive.
Rédaction Kominotek NEWS

