Christian Sanon face à la justice américaine dans l’affaire de l’assassinat de Jovenel Moïse

Le pasteur haïtiano-américain Christian Emmanuel Sanon, âgé de 67 ans, doit comparaître le 28 septembre 2026 devant un tribunal fédéral de Miami, dans le cadre de l’enquête américaine sur l’assassinat de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse. D’après le Miami Herald, il est le dernier accusé détenu aux États-Unis dans ce dossier à devoir encore être jugé.
Sanon est poursuivi pour son implication présumée dans un projet visant à enlever puis à tuer Jovenel Moïse. Au fil de la procédure, les charges retenues contre lui ont été renforcées par les procureurs fédéraux américains.
Au début de la procédure, Christian Sanon était notamment poursuivi pour des infractions liées à l’expédition de gilets pare-balles vers Haïti ainsi qu’à un projet d’opération militaire visant un pays considéré comme allié des États-Unis. L’accusation fédérale lui reproche désormais d’avoir participé à un complot destiné à enlever et assassiner Jovenel Moïse. Les procureurs soutiennent notamment qu’il ambitionnait de remplacer l’ancien président à la tête du pays et qu’il aurait pris part aux préparatifs du projet. Ces accusations devront toutefois être examinées au cours du procès. Sanon bénéficie de la présomption d’innocence tant qu’aucune condamnation définitive n’a été prononcée.
Les audiences doivent être présidées par la juge fédérale Jacqueline Becerra. Le procès devrait s’étendre sur une période estimée entre six et huit semaines. L’accusation prévoit de présenter un important volume de preuves. Quelque 57 témoins devraient être appelés à la barre, tandis que les enquêteurs disposent de près de 8 000 gigaoctets de données provenant de plus d’une centaine d’appareils électroniques.
L’ancienne Première dame Martine Moïse figure parmi les témoins annoncés par l’accusation. Elle avait déjà livré son témoignage lors d’un précédent procès et doit de nouveau comparaître dans le cadre de cette procédure. Joseph Vincent, ancien informateur de la Drug Enforcement Administration (DEA), est également appelé à témoigner. Après avoir reconnu sa culpabilité pour son implication dans le complot, il a été condamné à la prison à vie. Son témoignage pourrait ainsi constituer un élément important du dossier présenté contre Sanon.
La défense de Christian Sanon présente une version différente des faits. Selon ses arguments, l’accusé n’aurait pas eu connaissance du projet visant à assassiner Jovenel Moïse. Ses avocats soutiennent également qu’il aurait progressivement été tenu à l’écart des échanges entre les différents protagonistes lorsque le projet initial aurait évolué vers l’assassinat du président. Le procès devra donc notamment permettre à la justice américaine d’examiner les éléments présentés par les deux parties et de déterminer la responsabilité éventuelle de Sanon.
Jovenel Moïse a été assassiné dans sa résidence privée de Pèlerin 5, à Port-au-Prince, dans la nuit du 7 juillet 2021. L’affaire a depuis donné lieu à plusieurs procédures judiciaires, notamment aux États-Unis. Dans le cadre de l’enquête principale, onze personnes ont été extradées vers les États-Unis. Parmi elles, six ont plaidé coupable et ont coopéré avec les autorités fédérales américaines.
Le procès de Christian Sanon constitue ainsi une nouvelle étape importante de la procédure américaine. Les débats pourraient apporter davantage d’éléments sur les circonstances du complot et sur le rôle attribué aux différents protagonistes dans l’assassinat de l’ancien président haïtien.
Rédaction Kominotek NEWS

