
Le secteur énergétique haïtien traverse une situation critique, marquée par une production d’électricité extrêmement limitée et un accès toujours restreint pour une grande partie de la population. C’est le constat dressé par le directeur général de l’Autorité nationale de régulation du secteur de l’énergie (ANARSE), le Dr Evenson Calixte, lors d’une conférence organisée le 17 juin par la Banque interaméricaine de développement (BID).
Intervenant devant des représentants du secteur énergétique et des partenaires internationaux, le responsable a mis en lumière l’ampleur des difficultés auxquelles fait face le pays en matière d’approvisionnement électrique. Selon les chiffres présentés, la région métropolitaine de Port-au-Prince dispose théoriquement d’une capacité installée de 249 mégawatts. Toutefois, à peine 30 mégawatts sont actuellement injectés dans le réseau, principalement grâce à la centrale E-Power.
La situation n’est guère plus favorable dans le reste du territoire national. Seulement une dizaine de mégawatts supplémentaires sont disponibles, dont la majeure partie provient du réseau de Caracol qui alimente plusieurs communes du Nord-Est, notamment Caracol, Limonade, Trou-du-Nord, Sainte-Suzanne et Terrier-Rouge.
Face à cette réalité, le directeur de l’ANARSE a souligné l’urgence de renforcer les infrastructures énergétiques du pays afin de répondre aux besoins de la population et de soutenir le développement économique. Il a rappelé que l’accès à l’électricité demeure l’un des principaux obstacles à la croissance et à l’amélioration des conditions de vie des citoyens.
Les données présentées révèlent également l’ampleur du retard d’Haïti par rapport à ses voisins régionaux. Environ 35 % seulement des Haïtiens ont accès à l’électricité, un taux largement inférieur à celui observé en République dominicaine, où la couverture électrique approche les 100 %. À l’échelle de l’Amérique latine et des Caraïbes, la moyenne régionale est estimée à près de 97 %.
Plus préoccupant encore, Haïti concentre à elle seule plus de sept millions de personnes privées d’électricité sur les quelque vingt millions recensées dans toute la région. Cette réalité illustre les défis considérables auxquels le pays est confronté pour garantir un accès plus large et plus fiable à l’énergie.
Alors que les besoins augmentent et que les infrastructures existantes peinent à répondre à la demande, les autorités et les partenaires internationaux sont appelés à accélérer les investissements dans le secteur énergétique afin d’éviter une aggravation de la crise et de favoriser le développement durable du pays.
Rédaction Kominotek NEWS

