
Port-au-Prince, 31 mars 2026 — L’interpellation récente de plusieurs responsables de la Direction de l’immigration et de l’émigration (DIE), dont son directeur Antoine Jean Simon Fénelon, continue de susciter de vives réactions. L’avocat Mario Delcy y voit une manœuvre orchestrée dans un contexte de rivalités institutionnelles, pointant du doigt le rôle du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT).
Invité à la matinale de Radio Magik9 le 30 mars, Me Delcy a rejeté en bloc les accusations liées à un supposé trafic de passeports irréguliers. Selon lui, il ne s’agirait pas de faux documents, mais plutôt de passeports authentiques dont la réapparition dans le cadre de l’enquête aurait été utilisée pour construire un dossier à charge. Il parle d’une stratégie visant à compromettre les responsables de la DIE à travers une mise en scène soigneusement élaborée.
Au cœur du dossier, des documents officiellement délivrés à des citoyens haïtiens auraient été récupérés par les autorités dans des circonstances jugées suspectes. Cette situation soulève des interrogations sur la traçabilité des passeports et leur circulation après émission. Par ailleurs, l’enquête s’étendrait également à la délivrance de documents à des ressortissants étrangers, un élément qui aurait contribué à déclencher l’intervention des autorités judiciaires.
L’avocat souligne aussi que la direction de la DIE avait, par le passé, alerté sur des dysfonctionnements dans le système de production des passeports. Selon lui, ces avertissements, restés sans suite, auraient pu permettre d’éviter la situation actuelle.
Face à ce qu’il considère comme un dossier sensible aux implications institutionnelles et internationales, Me Delcy appelle à la prudence et à la rigueur dans la conduite des investigations. Il estime que cette affaire, si elle n’est pas traitée avec transparence, pourrait porter atteinte à la crédibilité de l’administration haïtienne sur la scène internationale.
Rédaction Kominotek NEWS

