Venezuela: Une amnistie générale déclenchée par la présidente par intérim, Delcy Rodríguez

La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a annoncé mardi une amnistie générale lors d’un discours prononcé devant la Cour suprême (TSJ), un mois seulement après l’arrestation du président Nicolás Maduro. Cette initiative, présentée comme une initiative de « réconciliation nationale », vise à couvrir toutes les actions violentes politiques commises depuis 1999, une période marquée par des affrontements réguliers entre opposants et soutiens du régime.
« Nous avons décidé de promouvoir une loi d’amnistie générale couvrant l’ensemble des tensions politiques violentes depuis 1999 jusqu’à aujourd’hui », a déclaré Mme Rodríguez, soulignant que cette mesure serait inclusivede tous les acteurs impliqués. « Notre objectif est de briser le cycle de la violence et de promouvoir un dialogue constructif pour le bien du pays », a-t-elle ajouté, tout en précisant que le texte législatif serait soumis au vote au sein de l’Assemblée nationale.
Cette annonce survient dans un contexte politique tendu, où les tensions entre factions du pouvoir et l’opposition n’ont jamais cessé de s’intensifier. L’arrestation de Maduro, quelques semaines plus tôt, a déclenché des débats sur la légitimité de son arrestation et les responsabilités de ses partisans. Rodríguez, qui dirige le pays depuis la destitution de Maduro, a insisté sur la nécessité d’un « processus de réconciliation », tout en défendant la stabilité du gouvernement actuel.
L’amnistie proposée pourrait bénéficier à des centaines de personnes incarcérées pour des crimes politiques, y compris des figures centrales de l’opposition. Cependant, des critiques s’élèvent déjà parmi les alliés de Maduro, qui estiment que cette mesure pourrait être utilisée pour protéger certains responsables du gouvernement. « Cette amnistie n’est qu’une tentative de masquer les fautes du régime », a dénoncé un ancien ministre pro-Maduro.
Le TSJ, institution clé dans le déclenchement de cette initiative, a joué un rôle central dans la validation de l’arrestation de Maduro, une décision contestée par plusieurs pays latino-américains. Rodríguez a rappelé que la Cour, dans sa décision, avait souligné la « nécessité de rétablir l’ordre constitutionnel ».
Les réactions internationales restent mitigées. L’Union européenne et les États-Unis ont exprimé leur prudence, exigeant des garanties que l’amnistie ne serve pas d’instrument pour éviter la justice. « Une réforme politique durable nécessite une clarification des crimes passés », a commenté un porte-parole de l’ONU.
Pour les Venezuelens, cette décision suscite à la fois espoir et inquiétude. « Nous n’avons plus la force de combattre, mais l’amnistie ne doit pas oublier les victimes », a déclaré une citoyenne à Caracas.
La mise en œuvre de cette loi dépendra désormais de l’approbation au Sénat et de l’application concrète par les forces de l’ordre. Rodríguez a promis de « respecter les principes de justice et d’équité », tout en évoquant la possibilité de dialogues sectoriels pour résoudre les conflits en cours.
Ce projet, s’il est adopté, marquerait un tournant dans l’histoire politique du Venezuela, un pays où les tensions sociales et politiques ont persisté pendant plus de deux décennies.
Rédaction Kominotek NEWS

