
La Prison Civile de Jérémie est confrontée à une crise humanitaire préoccupante, rapporte l’Association des Volontaires pour la Réinsertion des Détenus en Haïti (ASVDH). Les conditions d’insalubrité, le manque criant de médicaments et l’excès de population compromettent gravement la santé et le respect de la dignité des personnes incarcérées.
Durant une inspection menée la semaine écoulée par l’ASVDH, il a été constaté que l’établissement accueillait environ 470 individus, dont 18 femmes et 17 mineurs. L’existence de mineurs enfermés avec des adultes soulève un problème majeur en termes de sécurité, alors qu’un effectif insuffisant de gardiens ne parvient pas à gérer correctement la population, entraînant des conflits et des incidents.
L’état des infrastructures sanitaires est inquiétant. L’approvisionnement en eau potable est irrégulier en raison de difficultés énergétiques, et l’hygiène générale est extrêmement déficiente. Les repas, limités à une seule portion quotidienne, ne couvrent pas les besoins nutritionnels des prisonniers, tandis que le déficit en médicaments vitaux rend impossible le traitement des affections bénignes.
Au-delà des déficiences matériellles, c’est la dignité fondamentale des individus qui est en jeu. L’ASVDH exhorte les autorités à prendre des mesures immédiates : assurer une distribution constante en eau potable, fournir un stock adéquat de médicaments, établir une séparation stricte entre les mineurs et les adultes, et créer un suivi socio-psychologique favorisant une réhabilitation respectueuse.
Les responsables de l’ASVDH soulignent que cette situation ne peut plus être tolérée. L’urgence est de garantir des conditions dignes de vie pour les détenus, tout en renforçant les structures pénitentiaires pour éviter des violations des droits humains. Des coopérations internationales et une mobilisation locale sont jugées essentielles pour résoudre cette crise.
L’organisation rappelle également que l’emprisonnement de mineurs avec des adultes est contraire au droit international. Elle appelle à la création d’espaces sécurisés pour les jeunes, ainsi qu’à l’embauche d’un personnel qualifié pour encadrer ce public vulnérable.
Enfin, l’ASVDH met en avant la nécessité d’un plan concerté avec les autorités judiciaires pour réduire la surpopulation carcérale, notamment par le recours à des alternatives à l’incarcération pour les personnes non dangereuses. « La justice ne doit pas être une sentence de souffrance », insiste l’organisation, en exigeant des engagements concrets pour transformer ce site en un lieu de réhabilitation, plutôt qu’un espace de détresse.
Rédaction Kominotek NEWS

