République dominicaine : Des opérations militaires ciblent 28 migrants haïtiens sans papiers à Santiago Rodríguez et Valverde

Dans le cadre de mesures renforcées de contrôle migratoire, l’Armée de la République dominicaine a interpellé 28 ressortissants haïtiens en situation irrégulière sur le territoire national, au cours de deux opérations distinctes menées dans les provinces de Santiago Rodríguez et Valverde. Selon le quotidien *Listin Diario*, ces arrestations, effectuées dans le cadre d’une campagne visant à freiner l’immigration clandestine, ont eu lieu après la saisie de trois véhicules transportant des travailleurs migrants sans documents d’identité ou de séjours.
La première interception s’est produite dans la commune de El Caimito, à Santiago Rodríguez, où un automobiliste s’est vu arrêter après que les militaires aient constaté l’absence de papiers à bord. L’enquête a révélé que le véhicule transportait dix ressortissants haïtiens, tous des hommes, originaires de l’île voisine, sans aucun document attestant leur identité ou leur autorisation de séjour. Les autorités dominicaines précisent que ces individus n’avaient pas non plus de permis de conduire valide, ce qui renforcerait l’hypothèse d’un usage frauduleux des véhicules.
En parallèle, une seconde opération a été menée dans la province de Valverde, à quelques kilomètres de la frontière avec la République dominicaine. Là, deux autres véhicules ont été saisis, cette fois-ci transportant chacun huit migrants haïtiens, pour un total de seize personnes. Les forces de sécurité n’ont pas détaillé les conditions exactes de l’arrestation, mais soulignent que les individus interpellés étaient en situation de grande vulnérabilité, sans moyens de subsistance ni logement stable.
Ces arrestations s’inscrivent dans un contexte marqué par l’afflux croissant de migrants haïtiens cherchant des opportunités économiques, mais aussi des protections face aux crises politiques et environnementales de leur pays d’origine. En 2023, des centaines de Haïtiens ont traversé la frontière dominicaine, souvent via des réseaux irrguliers, dans l’espoir d’une vie meilleure. Cependant, la République dominicaine, déjà confrontée à des tensions internationales sur ses politiques d’intégration des communautés haïtiennes, a récemment durci sa position, multipliant les contrôles et les expulsions.
Selon des sources proches des services de l’immigration, les 28 personnes arrêtées seront soumises à un processus d’audition et d’instruction administrative. Elles risquent d’être placées en centres de rétention migratoire avant d’être expulsées, conformément aux lois en vigueur. Les autorités dominicaines insistent sur le respect des normes internationales, tout en dénonçant les « exploiteurs » qui organisent ces voyages clandestins.
Ce nouvel épisode soulève des interrogations sur l’impact humain de ces opérations. Des ONG locales, comme le Collectif pour les Droits des Migrants (CDM), dénoncent des méthodes « dure » et « discriminatoires », rappelant que de nombreux Haïtiens vivant en République dominicaine y ont grandi, y parlent la langue et y ont construit leur vie. Elles réclament une approche plus nuancée, basée sur la coopération entre les deux pays, plutôt que sur l’arrestation systématique.
Enfin, les autorités haïtiennes n’ont pas encore réagi publiquement à ces arrestations, bien que des contacts diplomatiques soient réguliers entre les deux gouvernements. Pour l’instant, la situation demeure tendue, reflétant les défis complexes liés à la migration transfrontalière dans une région où les dépendances historiques et économiques s’emmêlent.
Rédaction Kominotek NEWS

