Quand la maire de Boston s’exprime en créole aux immigrés haïtiens pour défendre leurs droits

Dans un message vidéo diffusé hier sur sa page Facebook, la maire de Boston, Michelle Wu, a pris l’initiative de s’adresser directement à la communauté haïtienne en créole, dans le cadre d’une collaboration avec la MIRA Coalition. L’objectif est clair : informer les immigrés de leurs droits fondamentaux, notamment celui de garder le silence face à toute autorité en cas de contrôle. La maire a insisté sur le fait que la ville de Boston reste un bastion solidaire pour les immigrés, qu’elle soutient activement dans cette période de tension.
Cette initiative, rendue accessible en créole haïtien pour toucher un public plus large, vise à renforcer l’éducation juridique des résidents. La vidéo, publiée sur les réseaux sociaux, est le point de départ d’une série de formations organisées par la MIRA Coalition, destinées à éclairer les immigrés sur leurs droits. « À Boston, chaque individu mérite le respect, et nous ne reculerons pas face à qui que ce soit. Notre priorité est de protéger ceux qui vivent dans notre ville, et pour cela, il est essentiel de rester informés », a déclaré Michelle Wu, soulignant la nécessité d’une conscience aiguë des droits légaux.
Nahomie Vilnaigre, coordinatrice au sein de la MIRA Coalition, a complété le message en rappelant des points clés. Selon elle, lors d’un contrôle de police, les immigrés ont le droit de ne pas répondre aux questions sur leur statut migratoire. « Si vous êtes arrêtés, vous n’êtes obligés de communiquer que votre nom, votre permis de conduire et votre adresse », a-t-elle précisé. Elle a également insisté sur le fait que les passagers d’un véhicule partagent les mêmes droits, pouvant refuser de répondre aux agents.
Un autre point crucial abordé est la restriction légale concernant l’entrée des agents d’immigration dans des espaces privés. « Aucun agent ne peut pénétrer sans autorisation un domicile, un bureau ou une entreprise, sauf en cas de mandat signé par un juge », a rappelé Nahomie Vilnaigre. Cette information vise à démythifier certaines craintes et à rassurer la communauté sur ses protections légales.
La MIRA Coalition encourage également les familles à planifier à l’avance la garde de leurs enfants en cas d’arrestation. « Il est vital de désigner une personne de confiance pour s’en occuper », a-t-elle souligné. En parallèle, la Coalition propose des ateliers gratuits pour renforcer les connaissances des immigrés sur leurs droits. « La connaissance est notre meilleure arme pour défendre notre dignité », a conclu Michelle Wu, affirmant que la ville de Boston continuera d’œuvrer pour la justice sociale.
Cette campagne s’inscrit dans un contexte plus large de crise migratoire, où les communautés ethniques ressentent des craintes croissantes. En choisissant de communiquer dans leur langue maternelle, la maire et ses partenaires visent à rapprocher les autorités des citoyens, tout en renforçant la cohésion sociale. Les prochaines formations, organisées en partenariat avec des organismes locaux, seront accessibles en ligne et en présentiel, pour une meilleure participation.
Avec cette démarche proactive, Boston réaffirme son engagement envers l’inclusion et les droits humains, tout en mettant l’accent sur l’éducation comme pilier de la résilience communautaire.
Rédaction Kominotek NEWS

