
Une offensive meurtrière a fait au moins 46 morts dans l’État du Niger, au nord-est du Nigeria, où des hommes armés ont pris d’assaut trois villages de la région de Borgu. Selon les premières informations, les assaillants, armés de machettes et de fusils, ont ciblé des habitations civiles à l’aube, semant la terreur parmi les populations locales. À Konkoso, le bilan est particulièrement lourd : 38 victimes, dont plusieurs tuées d’un coup de couteau ou d’une balle dans la tête, tandis que des dizaines de maisons ont été incendiées. Les autorités locales ont confirmé avoir retrouvé plusieurs cadavres dans des ruelles fumantes, ce samedi après-midi.
Les agresseurs, répartis en groupes de 80 à 100 individus à bord de 41 motocyclettes, ont frappé en pleine matinée. Leur offensive a débuté à Tungar Makeri, où six personnes ont péri, avant de se diriger vers Konkoso, le village le plus touché. Ces violences rappellent le massacre de février dernier dans l’État voisin de Kwara, où plus de 160 civils avaient été massacrés dans des conditions similaires. Les habitants, en larmes, décrivent une scène de cauchemar : des enfants terrifiés, des femmes en fuite, et des habitations réduites à l’état de ruines fumantes.
Alors que les critiques internationales, notamment celles de l’ancien président américain Donald Trump, s’accumulent sur l’incapacité des autorités nigérianes à contenir la montée de la violence, les attaques se multiplient. Les survivants, encore sous le choc, accusent le gouvernement de leur avoir laissé la vie sauve. « Personne ne protège ce coin. Chaque jour, on vit sous la peur », déclare une habitante de Konkoso, qui a perdu trois membres de sa famille.
Les forces de sécurité, débordées et mal équipées, peinent à endiguer ces groupes armés, souvent liés à des réseaux islamistes ou à des conflits éthniques. Les attaques, de plus en plus brutales, visent désormais des zones rurales isolées, où l’État a peu de présence. Sur place, le chaos s’installe : les habitants cherchent à fuir vers des camps de réfugiés, tandis qu’un réseau d’ONG et d’organismes humanitaires s’efforce d’organiser des distributions d’eau, de nourriture et de soins médicaux.
Le Nigeria, déjà confronté à une crise humanitaire aiguë, voit son autorité s’éroder face à l’insécurité. Les gouvernements locaux, désavoués par les populations, accusent le gouvernement fédéral de négliger les régions dévastées. « Nous n’avons pas de soldats, ni même de policiers », explique un chef de village. L’échec des autorités à sécuriser ces zones a poussé des centaines de familles à abandonner leurs terres, alimentant un exode massif vers les villes.
Les experts en sécurité soulignent que l’absence de coopération entre les forces armées et les communautés locales rend la lutte contre ces groupes armés encore plus complexe. Dans ce contexte, la communauté internationale, notamment l’Union africaine et l’ONU, appelle à une réponse coordinée pour éviter un conflit généralisé. Pourtant, dans l’État du Niger, l’horizon semble sombre, et les habitants, désemparés, redoutent le pire.
Rédaction Kominotek NEWS

