
Le Réseau national de défense des droits humains (Réseau national de défense des droits humains) a publié, le 13 avril 2026, un rapport particulièrement préoccupant sur le massacre survenu à Jean Denis, dans le département de l’Artibonite. Le document fait état d’un bilan humain lourd et de graves défaillances sécuritaires autour de cet épisode de violence.
Selon ce rapport, au moins 70 personnes auraient perdu la vie lors de l’attaque survenue dans la nuit du 28 au 29 mars 2026. Plusieurs dizaines de blessés sont également recensés, tandis que plus de 5 000 habitants ont été contraints de fuir leurs foyers pour échapper aux violences.
L’assaut est attribué au gang Gran Grif, actif dans la zone de Savien. L’attaque aurait débuté vers 2 heures du matin à Pont Benoît avant de s’étendre rapidement à plusieurs localités voisines, notamment Bwa Lavil, Descordes, Dupitraye et Raymoncin, plongeant la région dans un climat de terreur.
Face à la progression des assaillants, une structure locale d’auto-défense aurait tenté de résister, sans parvenir à contenir l’offensive. Le rapport décrit une violence particulièrement extrême, avec des exécutions de civils en fuite, des incendies de maisons et des pillages systématiques de commerces.
Parmi les victimes figurent des enfants, des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Au total, 53 corps auraient pu être identifiés à ce stade, tandis qu’une personne reste portée disparue. Plusieurs blessés se trouveraient encore dans un état critique.
Les conséquences humanitaires sont considérables. Le RNDDH estime que 5 291 personnes ont été déplacées, trouvant refuge dans différentes localités, dont Saint-Marc, Bokozèl et Marchand-Dessalines. Sur le plan matériel, au moins 23 bâtiments ont été détruits par les flammes, laissant de nombreuses familles sans abri ni ressources.
Le rapport évoque également plusieurs facteurs ayant pu alimenter cette escalade de violence, notamment des conflits liés au vol de bétail, des rivalités pour le contrôle des routes stratégiques et la récupération d’armes par des groupes armés. Ces axes sont devenus des zones clés pour les gangs, qui y imposent des systèmes de rançonnement.
La réponse des autorités est vivement critiquée. La Police nationale d’Haïti affirme avoir déployé des véhicules blindés le 29 mars, soit après le début des attaques. Une intervention aérienne par drone, réalisée le 6 avril, n’aurait pas permis de résultats significatifs selon le RNDDH.
L’organisation dénonce surtout un manque de prise en charge des victimes. Les familles endeuillées seraient contraintes d’assumer seules les frais médicaux et funéraires, tandis que plusieurs corps resteraient encore dans des morgues à Saint-Marc, faute de moyens pour leur inhumation.
Ce rapport met ainsi en lumière une crise sécuritaire persistante et un lourd bilan humanitaire, relançant le débat sur la capacité de l’État à protéger les populations dans les zones les plus exposées aux violences armées.
Rédaction Kominotek NEWS

