Le Burkina Faso inaugure sa première raffinerie d’or et veut renforcer la transformation locale

Le Burkina Faso a franchi une nouvelle étape dans sa politique de valorisation de ses ressources minières avec l’inauguration, lundi à Ouagadougou, de sa première raffinerie d’or. Baptisée Raffinor-BF, l’installation représente un investissement de plus de 11 milliards de francs CFA, soit environ 19 millions de dollars.
À travers cette infrastructure, les autorités burkinabè souhaitent développer la transformation du métal précieux sur le territoire national et réduire la dépendance du pays à l’exportation de matières premières destinées à être transformées à l’étranger.
Financée par l’État, notamment par l’intermédiaire de la Société nationale des métaux précieux (Sonasp), en partenariat avec le secteur privé burkinabè, la raffinerie pourra traiter dans un premier temps 164 tonnes d’or par an. Les capacités de l’usine pourraient progressivement atteindre 515 tonnes annuelles. Les autorités envisagent également de traiter une partie de l’or provenant d’autres pays de la région, avec l’objectif de faire du Burkina Faso un centre régional de raffinage.
Lors de la cérémonie d’inauguration, le capitaine Ibrahim Traoré a présenté le projet comme un moyen de conserver davantage de valeur ajoutée à l’intérieur du pays. Il a affirmé que les autorités voulaient parvenir à raffiner sur place les différents métaux exploités au Burkina Faso et développer l’ensemble de la chaîne de valeur au niveau national.
L’inauguration de Raffinor-BF intervient dans le cadre d’une politique visant à accroître le contrôle de l’État sur les ressources minières. Le ministre des Mines, Yacouba Zabré Gouba, a ainsi présenté la nouvelle infrastructure comme un symbole de la volonté des autorités de reprendre davantage la maîtrise de l’exploitation des ressources nationales.
Selon les informations rapportées par BBC News Afrique, le gouvernement a également créé, il y a deux ans, une entreprise minière publique. Les compagnies étrangères sont désormais tenues de céder à l’État une participation de 15 % dans leurs opérations et de contribuer à la formation de travailleurs locaux. Cette orientation intervient alors que le Burkina Faso figure parmi les principaux producteurs d’or du continent africain. Le Conseil mondial de l’or a par ailleurs fait état d’une augmentation de 17 % de la production burkinabè au deuxième trimestre 2026, comparativement à la même période de l’année précédente.
Pour les autorités burkinabè, la raffinerie ne constitue qu’un volet d’une stratégie plus large visant à développer la transformation locale des ressources et à limiter la dépendance envers les entreprises étrangères. Depuis son arrivée au pouvoir à la suite du coup d’État de septembre 2022, Ibrahim Traoré a multiplié les initiatives allant dans ce sens. Cette politique concerne notamment l’or, mais également des secteurs tels que le coton, le textile et l’agroalimentaire.
Avec Raffinor-BF, Ouagadougou entend ainsi franchir un nouveau cap dans la transformation de son or sur son propre territoire. La montée en puissance annoncée de la raffinerie et l’ouverture envisagée à la production régionale pourraient également contribuer à renforcer la place du Burkina Faso dans la chaîne de valeur de l’or en Afrique de l’Ouest.
Rédaction Kominotek NEWS

