
La Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) a officialisé mardi la publication de nouveaux mandats d’arrêt contre plusieurs figures notoires, parmi lesquelles un édile en exercice. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une campagne de lutte contre la criminalité organisée et les actes de terrorisme, selon les responsables.
Parmi les cibles, figure Ralph Youri Chévry, actuel agent exécutif intérimaire de Port-au-Prince. Mis en accusation pour financement de terrorisme, complot visant la sûreté interne de l’État, ainsi que pour association de malfaiteurs, Chévry est désormais recherché activement. Les services de police judiciaire ont déjà procédé à deux perquisitions dans sa résidence de Canapé-Vert. La première date du 12 décembre 2025, lors d’une intervention menée conjointement par des forces de police et des magistrats. Une deuxième opération avait eu lieu le 24 janvier dernier, cette fois-ci impliquant des agents de la Police nationale haïtienne (PNH) équipés de véhicules blindés et escortés par un juge de paix.
Le dossier de Ralph Youri Chévry remonte à 2021, lorsque la PNH avait émis un premier mandat d’arrêt contre lui pour meurtre, tentative de meurtre, association de malfaiteurs et destruction de biens. À l’époque, l’homme s’était réfugié en République dominicaine, ce qui a suscité des tensions diplomatiques entre les deux pays.
Outre Chévry, deux autres individus font l’objet d’une recherche accrue : Arnel Bélizaire, anciennement député de Delmas-Tabarre, et Smith Joseph. Les charges retenues contre ces derniers recoupent celles en cours contre Chévry, à l’exception de Smith Joseph, qui est également inculpé pour blanchiment de fonds.
Arnel Bélizaire, surnommé « l’homme aux multiples arrestations », dispose d’un passé judiciaire particulièrement chargé. D’après les archives de la justice haïtienne, il a été interpellé au moins cinq fois pour des infractions allant de l’escroquerie à l’usurpation d’identité. Sa première arrestation, en 1995, avait eu lieu pour escroquerie et fraude documentaire.
La DCPJ a insisté sur l’importance de cette opération, soulignant que les individus concernés représentaient une menace pour la sécurité nationale. « Nous ne tolérerons aucune complicité entre les autorités et les réseaux criminels », a déclaré un porte-parole de la DCPJ.
Les autorités haïtiennes ont également demandé aux citoyens de signaler toute information susceptible de mener à la localisation des personnes recherchées. Les récompenses offertes pour des indices valides sont désormais portées à 5 millions de gourdes (environ 100 000 dollars) pour les trois individus.
Cette opération survient après plusieurs mois de pression internationale sur Haïti, liée au financement de groupes terroristes et à la montée de la violence armée dans le pays. Les partenaires de développement appuient ces mesures, tout en exigeant une transparence totale dans les procédures judiciaires.
Les proches des suspects ont réagi avec hostilité, accusant les autorités de persécution politique. « Ces arrestations sont une mascarade », a déclaré un ami de Ralph Chévry, qui réside à New York. Il s’agit d’une étape clé dans la réforme du système judiciaire haïtien, mais les défis de corruption et d’insécurité restent persistants.
Rédaction Kominotek NEWS

