
Le magistrat Me Exumé Fleurimond, figure emblématique du tribunal de première instance de Saint-Marc, a exprimé avec fermeté, le 3 février 2026, que la grève illimitée des commissaires du gouvernement, en cours depuis plus de deux mois, menace gravement le fonctionnement du système judiciaire haïtien. Lors d’un point de presse organisé à Port-au-Prince, il a insisté sur l’urgence de résoudre cette situation, qui pèse sur la justice et la stabilité du pays.
Les commissaires du gouvernement, chargés de représenter l’État dans les procédures judiciaires, ont interrompu leurs activités depuis le 17 novembre 2025, exigeant des améliorations significatives dans leurs conditions de travail, notamment un encadrement renforcé, une rémunération adaptée et des ressources matérielles. Cependant, leur absence a entraîné un ralentissement exponentiel des audiences, la suspension de procédures pénales et civiles cruciales, ainsi qu’une fréquentation déclinante des tribunaux par les citoyens.
« Le système judiciaire est au bord de l’effondrement », a déclaré Me Fleurimond, soulignant que l’absence de direction effective des commissaires a privé les tribunaux de leur capacité à instruire des dossiers complexes. « Les citoyens, déjà désillusionnés, se tournent vers des mécanismes parallèles, ce qui fragilise davantage l’état de droit », a-t-il ajouté, en pointant un risque accru de recours à la corruption et aux justices parallèles.
Le doyen de Saint-Marc a également rappelé que les magistrats de première instance, répartis dans les dix-huit juridictions et les cinq cours d’appel du pays, ont exprimé leur soutien à la revendication des commissaires. Cependant, ils ont mis en garde contre les conséquences d’une prolongation de la grève, qui pourrait compromettre la crédibilité des institutions publiques. « Il faut un dialogue urgent entre les parties, mais la patience des acteurs est à son terme », a-t-il insisté.
Dans un contexte marqué par des tensions politiques et économiques, la communauté internationale surveille de près cette crise judiciaire. L’Organisation des Nations Unies et la Banque mondiale ont récemment souligné l’importance d’une résolution rapide pour préserver les investissements en cours dans le renforcement des mécanismes juridiques haïtiens.
Me Fleurimond a conclu en appelant les autorités à unir les efforts pour garantir la sécurité des commissaires, souvent victimes de menaces dans l’exercice de leurs fonctions, et à accélérer la formation de nouveaux agents. « Une solution doit être trouvée avant que la justice ne perde tout espoir de réforme », a-t-il lancé, en exigeant que les promesses des pouvoirs publics ne restent pas lettre morte.
La grève, pour le moment, n’a montré aucun signe d’apaisement, mettant en lumière la dégradation des relations entre les institutions et le pouvoir exécutif. Les citoyens, eux, attendent des réponses concrètes pour voir leur droit appliqué sans délais excessifs.
Rédaction Kominotek NEWS

