SOCIETE

Gonaïves : le quartier de Deschaos toujours sous tension après la mort de John Cenatus

Depuis le début de la semaine et jusqu’au jeudi 8 janvier 2025, le centre-ville de Gonaïves, et notamment le quartier de Deschaos, est resté dans un état d’immobilisme complet. Cette situation de paralysie s’explique par une vague de contestation populaire déclenchée après le décès de John Cenatus, surnommé « Tou Kale », un homme armé considéré comme un allié de Paulda, le chef respecté de ce quartier. Les proches et les alliés de la victime exigent une justice exemplaire, ce qui a conduit à des rassemblements et à des confrontations dans les rues de Deschaos.

Le quartier, souvent en proie à des tensions liées à l’insécurité, a connu une montée de la violence dans les jours suivant l’incident. Selon des témoins, la mort de John Cenatus, qui s’est déroulée dans des circonstances encore floues, a immédiatement divisé les habitants. D’un côté, les partisans de Paulda, figure de proue de la communauté, affirment qu’il s’agirait d’une exécution sommaire perpétrée par des rivaux. De l’autre, des autorités locales minimisent l’incident, évoquant une affaire de conflit armé isolée.

Les manifestations ont rapidement dégénéré en échauffourées. Des barricades faites de pierres et de débris ont été élevées dans les ruelles étroites, bloquant l’accès aux principales avenues commerciales. Les commerçants, dans un état d’alerte palpable, ont fermé boutique depuis plusieurs jours, tandis que les habitants expriment leur frustration face à l’absence de réaction des forces de l’ordre. « Nous ne pouvons pas vivre dans la peur perpétuelle », déclare un résident anonyme, soulignant que les autorités locales semblent incapables de restaurer l’ordre.

Le rôle de Paulda, figure charismatique de Deschaos, est au cœur de l’actualité. Présenté comme un intermédiaire entre les forces de sécurité et les gangs locaux, il est accusé par certains de protéger des éléments armés, tandis que d’autres le défendent comme un protecteur de la communauté. Cette ambiguïté alimente les tensions, car les sympathisants de John Cenatus réclament une enquête indépendante, tandis que ses opposants craignent des représailles.

Les autorités ont dépêché des unités de gendarmerie pour tenter de rétablir la tranquillité, mais les forces de l’ordre ont dû reculer face à des projectiles lancés par des groupes agités. Une source de la préfecture a confirmé que des négociations sont en cours pour désamorcer la crise, tout en appelant à la modération. « Nous travaillons à identifier les responsables et à apaiser les esprits », a-t-elle déclaré, sans préciser les prochaines étapes.

Pour les habitants, le principal enjeu reste l’avenir de Deschaos. Ce quartier, déjà fragilisé par des années de délabrement et de conflits, pourrait connaître un conflit plus large si les autorités ne parviennent pas à résoudre la crise. Les manifestants, quant à eux, n’entendent pas céder avant l’éclaircissement de l’affaire. « On ne lâchera pas le morceau tant que la justice ne sera pas faite », insiste un leader du mouvement, enflammant la foule rassemblée.

Cette situation illustre une fois de plus les difficultés structurelles de Gonaïves, où le pouvoir local et les groupes armés s’entremêlent, créant un équilibre instable. L’absence d’une réponse claire et rapide risque d’entraîner une escalade de la violence, mettant en péril non seulement les résidents, mais aussi les infrastructures du quartier. Les observateurs attendent maintenant de voir si le gouvernement régional sera capable de rétablir l’ordre ou si Deschaos sombrera dans un cycle de violences durable.

 

Rédaction Kominotek NEWS

Stanley Quencher It Starts with Us Organic Body Butter
Stanley Quencher It Starts with Us Organic Body Butter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
kominotek
error: Content is protected !!