Cuba confronté à une crise énergétique sans précédent après le blocus américain sur le pétrole vénézuélien

Avec l’arrestation et l’extradition, en janvier dernier, du président vénézuélien Nicolás Maduro, les États-Unis ont mis fin à la fourniture de pétrole vénézuélien, source d’énergie primordiale pour l’île. Cette décision a plongé Cuba dans une crise énergétique majeure, entraînant des pannes électriques généralisées et des perturbations structurelles dans l’économie, les transports et les services publics.
L’un des effets les plus visibles de cette crise est la suspension temporaire, jusqu’au 11 mars, du ravitaillement en kérosène pour les aéronefs, perturbant l’aviation commerciale et l’industrie touristique. Selon des analystes, cette situation pourrait avoir des conséquences dévastatrices sur la population, notamment une détérioration des conditions de vie et un affaiblissement du tissu économique.
Les pannes d’électricité, désormais quotidiennes, s’accompagnent d’une inflation galopante, de pénuries croissantes de produits alimentaires et de médicaments, ainsi que d’une émigration massive. Yvan Cliche, expert en politique internationale (CERIUM), souligne que les autorités cubaines doivent maintenant imposer des restrictions strictes sur la consommation d’énergie dans les bâtiments publics et privés, les transports et l’éclairage urbain.
Pour atténuer la crise, le gouvernement de Miguel Díaz-Canel a déployé des mesures d’urgence radicales. La semaine de travail est réduite à quatre jours, le télétravail est encouragé dans les institutions publiques, la distribution de carburant est encadrée, les liaisons interprovinciales en bus et en train sont limitées, certains hôtels sont fermés, et les horaires scolaires sont raccourcis ou passés en mode mixte.
Malgré les pressions américaines, la République de Cuba refuse de céder. Un article de presse, citant une étudiante en journalisme, affirme : « La nuit dernière a été la preuve qu’une génération entière est déterminée : la flamme, comme l’espoir, ne s’éteint pas. » Cette résilience est perçue comme une réponse symbolique à l’isolement imposé par Washington.
Donald Trump menace, de son côté, d’appliquer des droits de douane supplémentaires à tous les pays collaborant, directement ou indirectement, avec Cuba pour l’approvisionnement en pétrole. Si le blocus persiste, les perspectives sont sombres : effondrement du tourisme, aggravation de la crise alimentaire et exode massif de la population.
Les experts soulignent que l’objectif des sanctions américaines est d’accentuer le mécontentement social et de fragiliser le pouvoir en place, risquant ainsi de créer une crise humanitaire et de mobiliser l’opinion mondiale.
Dans ce contexte, le Mexique, deuxième fournisseur d’hydrocarbures de Cuba, négocie activement avec les États-Unis pour livrer du carburant sans subir de sanctions. Dimanche dernier, le gouvernement mexicain a acheminé plus de 800 tonnes de marchandises, via deux navires militaires, en dénonçant la « strangle-hold » imposée au peuple cubain.
Parrallèlement, la Russie, allié historique, critique violemment les mesures étouffantes des États-Unis et examine des options pour renforcer les livraisons de pétrole à Cuba, comme le rapporte *La Presse*. Cette initiative vise à atténuer la crise énergétique et à soutenir la souveraineté cubaine face aux pressions internationales.
Rédaction Kominotek NEWS

