
Le Venezuela, un des principaux alliés historiques de Cuba, a affirmé vendredi son soutien indéfectible à l’île caraïbe, tout en condamnant avec force les « mesures coercitives » imposées par les États-Unis. Ce message, relayé par le gouvernement vénézuélien, s’inscrit dans un contexte tendu où l’administration Trump cherche à asphyxier économiquement Cuba via un décret récent. Celui-ci prévoit l’application de droits de douane dissuasifs contre les pays fournissant du pétrole à La Havane, un secteur vital pour l’économie cubaine.
La déclaration du Venezuela s’inscrit dans une longue tradition de solidarité entre les deux pays, marqués par leur opposition commune au blocus américain sur l’île cubaine depuis plus de six décennies. Cependant, cette fois, le gouvernement de Nicolas Maduro a ajouté une dimension nouvelle à son message en soulignant l’ingérence des États-Unis dans les affaires souveraines des nations souveraines. « Le Venezuela rejette catégoriquement l’ingérence du gouvernement américain dans les relations internationales, et plus particulièrement l’utilisation de menaces économiques comme outil de pression politique », a déclaré un porte-parole gouvernemental, sans citer de nom.
Le décret de Donald Trump, publié le 1er janvier, vise à dissuader les pays étrangers de commercer avec Cuba en leur imposant des sanctions financières. Cette mesure, présentée comme une « réponse nécessaire » à l’ingérence cubaine dans les affaires internes des États-Unis, a immédiatement suscité des réactions hostiles à La Havane et dans la communauté internationale. Pour le Venezuela, ce geste renforce un climat d’escalade diplomatique entre Washington et les pays latino-américains, souvent hostiles à l’hégémonie nord-américaine dans la région.
Nicolas Maduro, qui a récemment surmonté une crise politique majeure marquée par une tentative de putsch militaire en décembre, a fait de la défense de Cuba un pilier de sa diplomatie. Pourtant, l’ironie de la situation n’échappe à personne : alors que le Venezuela dénonce les « sanctions agressives » de l’Occident, il est lui-même le principal bénéficiaire du pétrole cubain. L’île, dépendant du Venezuela pour couvrir 80 % de ses besoins énergétiques, verse en échange à Caracas des centaines de millions de dollars en fournitures médicales et militaires.
Les experts soulignent que cette alliance stratégique, bien que symbolique, reste fragile. Les difficultés économiques du Venezuela, plongé dans une crise sans précédent, pourraient compromettre l’équilibre de cette relation à l’avenir. Cependant, pour le moment, les deux gouvernements semblent s’accorder sur un point : réduire Cuba à un « client » dépendant est une stratégie politiquement suicidaire, tant pour les États-Unis que pour leurs partenaires.
Face aux pressions croissantes, le Venezuela prépare des réactions unilatérales, comme l’octroi de visas diplomatiques aux citoyens cubains et l’accélération des projets d’infrastructure commune. « Nous sommes prêts à tout pour soutenir notre frère cubain », a insisté Maduro lors d’un discours télévisé, un discours salué par les militants socialistes mais critiqué par l’opposition vénézuélienne, divisée sur la pertinence de cette allégeance.
En conclusion, l’épisode marque une nouvelle montée en puissance de l’axe Caracas-La Havane contre Washington, un mouvement qui pourrait avoir des répercussions sur les relations latino-américaines. Reste à voir si cette « solidarité » résistera aux défis économiques et aux manipulations de l’opinion internationale.
Rédaction Kominotek NEWS

