Affaire Jovenel Moïse : la Colombie promet son soutien aux 17 ex-militaires détenus aux États-Unis

Le gouvernement colombien entend apporter un soutien aux 17 ex-militaires de son pays actuellement détenus aux États-Unis dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, tué le 7 juillet 2021. Le président colombien Abelardo de la Espriella a annoncé, mardi 6 octobre 2026, la mise en place d’une assistance juridique ainsi qu’un soutien financier destiné aux familles des personnes concernées.
Dans un message publié sur X, le chef de l’État a demandé aux ministres de la Défense et de la Justice d’apporter une assistance aux ex-militaires détenus aux États-Unis pour leur participation présumée dans l’affaire. Il a également insisté sur la nécessité d’établir les responsabilités individuelles de chacun.
Le président colombien a affirmé vouloir connaître précisément les circonstances entourant l’assassinat de Jovenel Moïse avant que la responsabilité de chaque personne impliquée soit définitivement établie. Dans son message, il a notamment déclaré que les innocents ne devaient pas être sanctionnés à la place des responsables et a assuré qu’il ne laisserait pas les anciens militaires colombiens seuls face à leurs difficultés judiciaires. Il les a qualifiés de « héros » et a promis que son gouvernement leur apporterait le soutien nécessaire pour assurer leur défense. Cette position ne signifie toutefois pas que les accusations portées contre les intéressés ont été écartées. Les 17 ex-militaires font partie des personnes poursuivies aux États-Unis pour leur implication présumée dans le dossier de l’assassinat de Jovenel Moïse.
Le ministre colombien de la Justice, Iván Cancino, a confirmé la mise en œuvre de la décision présidentielle. Selon les informations rapportées, les autorités ont déjà pris contact avec plusieurs personnes concernées ainsi qu’avec des membres de leurs familles. Un représentant du ministère colombien des Affaires étrangères devait également se rendre sur place afin de poursuivre l’évaluation de la situation de chacun des détenus. Le gouvernement colombien prévoit ainsi de suivre individuellement les dossiers judiciaires et de déterminer les formes d’assistance qui pourront être apportées aux personnes poursuivies aux États-Unis.
Les 17 ex-militaires colombiens avaient été arrêtés en Haïti après l’assassinat de Jovenel Moïse. Ils y sont restés détenus pendant plusieurs années avant leur extradition vers les États-Unis en septembre 2026, où ils doivent désormais répondre aux accusations portées contre eux devant la justice fédérale américaine. Les autorités américaines ont engagé des poursuites contre plusieurs personnes dans le cadre de cette affaire. Les ex-militaires colombiens constituent l’un des groupes poursuivis dans ce dossier, qui porte notamment sur les circonstances, la préparation et l’exécution du complot ayant conduit à la mort du président haïtien. La décision de Bogota marque ainsi un engagement direct du gouvernement colombien auprès de ses ressortissants poursuivis aux États-Unis, tout en affirmant la nécessité de déterminer la responsabilité individuelle de chacun.
Rédaction Kominotek NEWS

