SOCIETE

Haïti : près de 800 victimes de viols liés aux gangs recensées en trois mois, selon l’ONU

La violence liée aux groupes armés continue de faire des victimes parmi les populations civiles en Haïti. Entre avril et juin 2026, 796 personnes ont été victimes de viols attribués à des gangs, selon le dernier rapport du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), publié le 27 août. Les données de l’ONU mettent en évidence l’ampleur des violences sexuelles commises durant cette période, particulièrement dans les zones affectées par les affrontements entre groupes armés.

Parmi les victimes recensées par le BINUH figurent 772 femmes, 23 filles et un homme. Le rapport précise que 87 % des cas documentés correspondent à des viols collectifs perpétrés par des membres de groupes armés. Ces agressions auraient principalement eu lieu dans des secteurs où les gangs s’affrontent pour le contrôle de territoires. Les violences sexuelles apparaissent ainsi étroitement liées à la dynamique de domination et de contrôle exercée sur certaines communautés.

Le rapport décrit également la gravité des violences subies par les victimes. Certaines auraient été battues avant ou pendant les agressions sexuelles. D’autres auraient été agressées devant leurs enfants ou des membres de leur famille. Dans plusieurs situations rapportées par l’ONU, les maisons des victimes auraient par ailleurs été incendiées. Ces actes viennent aggraver les conséquences physiques, psychologiques et sociales des violences sexuelles.

Pour le BINUH, les violences sexuelles recensées ne relèvent pas uniquement d’actes isolés. L’organisation estime que les groupes armés les utilisent comme moyen de punition et d’intimidation contre les populations vivant dans des territoires contrôlés ou disputés par des factions rivales. Ces agressions auraient notamment pour objectif de provoquer le déplacement forcé des habitants et de renforcer le contrôle des groupes armés sur les territoires concernés.

Le département de l’Ouest concentre 98 % des cas documentés dans le rapport. Cette situation confirme la forte exposition de la région métropolitaine de Port-au-Prince aux violences liées aux groupes armés. Toutefois, le BINUH observe également une progression de ces violences dans d’autres régions du pays, notamment dans l’Artibonite et le Sud-Est, ce qui fait craindre une extension géographique du phénomène.

Les violences sexuelles s’inscrivent dans un contexte sécuritaire particulièrement préoccupant. Au cours du deuxième trimestre de 2026, soit entre avril et juin, le BINUH a recensé au moins 1 408 personnes tuées, 656 blessées et 81 enlèvements liés aux gangs. Ces chiffres illustrent l’ampleur des violences auxquelles les populations civiles restent confrontées dans plusieurs régions du pays.

Face à cette situation, le BINUH demande aux autorités et aux acteurs concernés d’intensifier les mesures destinées à protéger les civils. Le Bureau insiste également sur la nécessité d’améliorer la prise en charge des survivantes de violences sexuelles. La lutte contre l’impunité constitue également une priorité pour les Nations unies, alors que les violences commises par les groupes armés continuent de toucher des milliers de personnes.

Rédaction Kominotek NEWS

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