Amnesty International dénonce le traitement réservé aux Haïtiens en République dominicaine

Amnesty International hausse le ton face aux pratiques migratoires mises en œuvre en République dominicaine à l’encontre des ressortissants haïtiens et des Dominicains d’ascendance haïtienne et africaine. L’organisation de défense des droits humains estime que certaines politiques et mesures appliquées par les autorités dominicaines sont discriminatoires et s’inscrivent dans un contexte de racisme structurel.
Dans une pétition adressée au gouvernement du président Luis Abinader, Amnesty International appelle les autorités dominicaines à mettre fin aux expulsions collectives et au profilage ethnique, tout en garantissant les droits fondamentaux de toutes les personnes présentes sur le territoire, indépendamment de leur origine ou de leur statut migratoire.
Selon Amnesty International, des milliers d’Haïtiens, mais également des Dominicains d’ascendance haïtienne et africaine, seraient concernés par des pratiques de profilage fondées sur leur apparence ou leur origine présumée.
L’organisation affirme que les migrants haïtiens continuent d’être exposés à des expulsions collectives, alors même que la situation humanitaire en Haïti demeure particulièrement difficile. Elle considère que ces pratiques soulèvent d’importantes préoccupations au regard des droits humains.
Amnesty International dénonce également la situation de certaines personnes d’ascendance haïtienne qui, selon elle, rencontrent des difficultés liées à leur statut juridique et à l’accès aux droits fondamentaux.
L’organisation critique par ailleurs les restrictions auxquelles peuvent être confrontées les personnes dépourvues de documents officiels dans l’accès à certains services sociaux.
La question de l’accès aux soins médicaux constitue notamment l’un des principaux points soulevés. Amnesty International s’oppose au nouveau protocole qui lie l’accès aux services de santé au statut migratoire des personnes concernées.
Pour l’organisation, une telle mesure pourrait avoir des conséquences particulièrement préoccupantes pour les personnes les plus vulnérables, notamment les femmes enceintes et les nourrissons.
Face à ces préoccupations, Amnesty International demande aux autorités dominicaines de prendre plusieurs mesures. L’organisation réclame notamment la fin des expulsions collectives et du profilage ethnique, ainsi qu’un accès aux soins de santé sans discrimination.
Elle appelle également le gouvernement à garantir la protection des personnes et des organisations qui défendent les droits des migrants et la justice raciale.
Cette démarche intervient dans un contexte de renforcement de la politique migratoire dominicaine à l’égard des ressortissants haïtiens en situation irrégulière.
Les chiffres communiqués par la Direction générale de la migration (DGM) dominicaine illustrent l’ampleur des opérations d’expulsion. Selon les données citées, 196 321 ressortissants haïtiens en situation irrégulière ont été expulsés de République dominicaine au cours des six premiers mois de 2026.
Ces opérations constituent un élément central de la politique migratoire dominicaine, mais elles font régulièrement l’objet de critiques de la part d’organisations de défense des droits humains.
Avec sa nouvelle pétition, Amnesty International entend ainsi pousser les autorités dominicaines à revoir certaines pratiques et à garantir que les mesures migratoires soient appliquées dans le respect des droits fondamentaux et sans discrimination.
Rédaction Kominotek NEWS

