
L’arrestation d’Arnel Bélizaire, ex-député haïtien, a suscité une vive attention dans le pays après avoir eu lieu mercredi à l’hôtel Royal Oasis, un établissement situé au cœur de la capitale. Selon des informations recueillies par Le Quotidien 509, les forces de l’ordre, appuyées par des agents de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), ont procédé à cette interpellation dans l’après-midi, après avoir reçu des indications fiables sur la présence de l’ancien parlementaire dans les locaux de l’hôtel. Les autorités n’ont pas immédiatement précisé les circonstances exactes de l’arrestation, mais elles ont confirmé qu’elle faisait suite à un mandat d’arrêt émis en lien avec des allégations graves.
Cette opération s’inscrit dans un contexte politique tendu. En effet, l’ex-député avait officiellement enregistré son parti politique au Conseil électoral provisoire (CEP) seulement trois jours plus tôt, le 11 mars, à Pétion-Ville. Le timing de l’interpellation a surpris plusieurs observateurs, qui soulignent la coïncidence troublante entre la création de l’entité politique et l’action menée par la DCPJ. Le président du CEP, nommé à ce poste par décret présidentiel, a indiqué que la procédure d’enregistrement du parti s’était déroulée conformément aux réglementations en vigueur.
Les responsables de la DCPJ, interrogés par la rédaction, ont affirmé qu’Arnel Bélizaire faisait déjà l’objet d’un avis de recherche depuis plusieurs mois. « L’homme est recherché pour des infractions graves touchant à la sécurité nationale, explique un officier de haut rang, sans vouloir détailler les preuves. Nous avons attendu de disposer d’éléments suffisants avant de passer à l’action. » Les autorités reprochent notamment à l’ancien élu des faits de financement du terrorisme, d’association de malfaiteurs, d’attentat et de complot contre la sûreté intérieure de l’État. Ces accusations, qui relèvent du code pénal haïtien, impliquent des peines potentiellement lourdes, allant jusqu’à la réclusion à perpétuité selon l’article 307 du Code.
Les réactions à cette arrestation sont divisées. Alors que les autorités salue cette décision comme un « signal clair contre les actes de destabilisation », certains partis d’opposition dénoncent une instrumentalisation politique des forces de sécurité. « C’est une tentative de faire taire ceux qui s’opposent au pouvoir en place », a déclaré un député indépendant. En revanche, des citoyens ordinaires, interrogés dans les rues de Port-au-Prince, soutiennent l’action de la DCPJ. « Quand on menace la paix du pays, il faut agir », a affirmé un jeune employé.
Arnel Bélizaire, qui a occupé plusieurs postes clés au sein du gouvernement antérieur, a toujours nié les allégations portées contre lui. Son avocat, cité par les médias locaux, a annoncé qu’il préparait un recours pour contester les charges. La situation pourrait se complexifier, notamment si des preuves supplémentaires émergent ou si des figures influentes entrent dans le débat public.
En attendant, la DCPJ continue d’interroger les proches collaborateurs de l’ancien parlementaire et cherche à établir des liens entre les accusations et d’autres affaires en cours. Une audience préliminaire est prévue la semaine prochaine devant un tribunal de Port-au-Prince, où la justice haïtienne devra trancher sur la légalité de l’arrestation et sur la nécessité de prolonger la détention préventive. Cette affaire, déjà chargée de symboles, pourrait avoir des répercussions sur le calendrier électoral et la crédibilité du CEP, qui prépare les prochaines élections législatives.
Rédaction Kominotek NEWS

