
Dans une interview sur Radio Magik 9, Pierre Espérance, figure emblématique du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), a exprimé de vives réserves concernant le « Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections » présenté par le Premier ministre. Selon lui, cette initiative, présentée comme un cadre pour mettre fin à la crise politique et sécuriser l’organisation des élections, n’en est pas une feuille de route crédible, mais une stratégie visant à répartir les responsabilités entre les acteurs politiques dominants. « Le Pacte ne résout pas les problèmes structurels du pays. Il s’agit d’une transaction entre les partis pour s’assurer un partage des profits et du pouvoir », a-t-il affirmé, mettant en lumière des contradictions notables entre les promesses gouvernementales et les actions concrètes.
Le RNDDH, organisation active dans la promotion des droits humains et la veille sur les institutions, a depuis longtemps alerté sur les carences des décisions politiques. Pour Espérance, l’absence de propositions claires sur la réforme administrative, la lutte contre la corruption et l’indépendance des institutions électorales rend le Pacte inopérant. « Comment croire en un processus équitable quand certains ministres, dont la légitimité est contestée, continuent de diriger des secteurs clés ? » a-t-il lancé, insistant sur la nécessité de remplacer « l’illusion de la stabilité » par des mesures tangibles garantissant la démocratie.
Le débat autour du Pacte s’inscrit dans un contexte marqué par des tensions internes au pouvoir et des réclamations des citoyens exigeant une gouvernance transparente. Espérance a souligné que les ministres concernés, souvent accusés de népotisme ou d’indécision, ne peuvent incarner des réformes si leur propre crédibilité est mise à mal. « La crédibilité d’un gouvernement ne se construit pas sur des déclarations rhétoriques, mais sur l’élimination des acteurs suspectés de compromettre la justice », a-t-il martelé, appelant à une commission indépendante pour évaluer les nominations actuelles.
En outre, il a rappelé que les élections, si elles souhaitent être acceptées par l’opinion publique et la communauté internationale, doivent s’appuyer sur des mécanismes transparents, avec une représentation équilibrée des forces vives de la nation. « Le Pacte, tel qu’il est, favorise une élite politique au détriment des besoins des citoyens. La priorité, ce n’est pas le pouvoir, c’est le peuple », a-t-il conclu, invitant les autorités à écouter les voix critiques pour éviter un effondrement plus profond de la démocratie.
Cette prise de position du RNDDH intervient alors que des manifestations citoyennes s’intensifient, exigeant une restructuration urgente de l’appareil d’État. Pierre Espérance, en s’opposant à toute déviation du Pacte vers un sempiternelle partage des rôles, appelle à un virage radical vers une gouvernance centrée sur les droits fondamentaux et l’intérêt général.
Rédaction Kominotek NEWS

