
Port-au-Prince, 26 janvier 2026. Le 25 janvier, une lettre ouverte publiée sur les réseaux sociaux par l’ancien Premier ministre haïtien Jean Henry Céant a suscité une vive attention. Dans ce texte adressé au Conseil présidentiel de transition (CPT), l’ancien titulaire de la fonction exige que les membres de ce conseil adoptent une posture exemplaire dans la gestion de la crise actuelle, marquée par les tensions autour d’un éventuel licenciement du chef du gouvernement.
Me Céant met en garde contre toute initiative précipitée dans un contexte qu’il décrit comme « extrêmement délicat sur le plan institutionnel ». « La situation actuelle ne tolère ni imprévisibilité, ni improvisation, ni manipulation », écrit-il, rappelant que les autorités de transition doivent agir avec prudence pour éviter d’aggraver les divisions nationales. Selon lui, les décisions prises dans ce dossier doivent s’inscrire strictement dans le cadre légal en vigueur, conformément aux principes qui régissent le fonctionnement de l’État haïtien.
L’ancien Premier ministre souligne que toute mesure visant à retirer le Premier ministre actuel, Alix Didier Fils-Aimé, doit nécessairement suivre la procédure légale. Ainsi, une résolution adoptée par le CPT ne peut prendre effet qu’après sa publication officielle dans *Le Moniteur*, le journal du gouvernement. Il rappelle que cette formalité relève exclusivement des institutions habilitées, conformément aux lois en matière de gouvernance.
Jean Henry Céant critique également les initiatives informelles tentées par des acteurs politiques, estimant que ces démarches risquent de fragiliser davantage la crédibilité des institutions publiques. Pour lui, la crise actuelle exige des mesures d’apaisement et une concertation transparente afin de préserver l’unité nationale. « Les acteurs politiques doivent se concentrer sur le bien commun plutôt que sur leurs ambitions personnelles », affirme-t-il, invitant les partis à dépasser les rivalités partisanes.
Dans sa missive, Céant appelle à un dialogue constructif entre les forces vives du pays. Il juge vital de surmonter les divergences pour engager Haïti sur la voie de la stabilité, tout en rappelant l’urgence de lutter efficacement contre l’insécurité et d’organiser des élections crédibles dans les délais fixés. « Le peuple haïtien a le droit de choisir son avenir, et il est de notre devoir de préparer ce moment avec rigueur », ajoute-t-il.
S’adressant directement aux membres du CPT, l’ancien Premier ministre les exhorte à adopter une attitude réfléchie et à privilégier une table de concertation. « C’est par le dialogue et la collaboration qu’on trouvera des solutions durables », souligne-t-il, considérant que cette approche est cruciale pour stabiliser le pays.
Signataire de la lettre en tant que « citoyen engagé », Jean Henry Céant termine par un appel à la responsabilité collective. Il insiste sur la nécessité pour les autorités de transition de placer l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus de toute considération personnelle ou partisane.
Parallèlement, des tensions persistent au sein du CPT quant à la suite donnée à la situation du Premier ministre. Les divergences entre les membres du conseil reflètent les enjeux complexes de cette période charnière, où la légalité et la légitimité des décisions préserveront ou non la cohésion du pays.
Rédaction Kominotek NEWS

