
Katiana Milfort, comédienne, actrice et réalisatrice haïtienne, s’est depuis 2018 exprimée publiquement sur les violences physiques et psychologiques qu’elle prétend avoir subies de la part de son ex-conjoint, Miracson Saint-Val, entre février et juillet 2015. Elle décrit cette période comme un calvaire d’une durée de six mois, marqué par des actes de maltraitance et une pression mentale intolérable. Ses déclarations, cependant, ont rapidement suscité des doutes. Certaines de ses proches, ainsi que des militantes féministes avec qui elle était liée, ont publiquement contredit ses récits, les qualifiant d’incohérents et d’hallucinés. Katiana Milfort a vivement réagi à ces accusations, affirmant que les critiques visant à la discréditer visaient à l’empêcher de porter témoignage contre son ex-partenaire, qu’elle surnomme « le Bourreau ».
Sa lucidité, soulignée par des détails précis sur la chronologie des faits et les méthodes employées par son ex-conjoint, a alimenté un débat plus large sur le féminisme haïtien. Devant l’émission « Sur d’Elles » sur Eveil Média, elle a aussi critiqué les « féministes » qui, selon elle, exerçaient des pressions pour l’enfermer dans un silence coupable. Cette situation a posé une question brûlante : comment un mouvement censé défendre les femmes pourrait-il, au contraire, vouloir réduire au silence une victime ?
Dix ans après ces événements, Katiana Milfort n’a pas trouvé le soulagement physique ou psychologique. Son état de santé s’est progressivement détérioré, aggravé par les discours qui la stigmatisaient comme une personne instable. Malgré tout, elle a persisté à se battre, réclamant justice et soutien. Son cas a mis en lumière un mouvement féministe haïtien divisé, accusé d’être clanique et de prioriser des intérêts personnels sur la lutte contre les violences.
Grâce au soutien du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF), Katiana Milfort a pu se rendre à Cuba pour recevoir des soins critiques le dimanche 18 janvier. Cette initiative a suscité des éloges sur les réseaux sociaux, alors que des appels à l’aide financière avaient auparavant été ignorés par le public.
Cependant, ses revendications ont aussi ouvert une porte à des critiques virulentes sur les réseaux. Pour certains, le féminisme haïtien est perçu comme un outil de carrière individuelle, tandis que d’autres soulignent que ses leaders négligent les vrais combats : l’éradication des violences, l’émancipation des femmes et la punition des bourreaux. Katiana Milfort, elle, affirme être prête à aller jusqu’au bout, dans l’espoir de réinventer une mouvance féministe plus juste et solidaire.
Rédaction Kominotek NEWS

