
Le chargé d’affaires des États-Unis en Haïti, Henry T. Wooster, a exprimé mardi devant le Sénat américain ses préoccupations concernant la gravité de la situation sécuritaire dans le pays. Il a souligné que Haïti est confrontée à une montée exponentielle de la violence organisée, avec environ 12 000 individus affiliés à des gangs armés. Parmi eux, 3 000 sont équipés de moyen lourd, ce qui, selon Wooster, constitue « la menace la plus sérieuse pesant sur la pérennité de l’État haïtien ». Le diplomate américain a insisté sur l’urgence de la situation, mettant en garde contre les risques de déstabilisation totale du pays si aucune action concertée n’est entreprise.
Face à cette réalité alarmante, Henry Wooster a relevé les limites des institutions locales. La Police nationale d’Haïti, qui est censée assurer la sécurité publique, ne compte actuellement qu’un effectif de 6 000 policiers actifs. Ce chiffre, jugé insuffisant, ne permet pas de contenir la montée en puissance des groupes armés, ni de rétablir un climat de confiance parmi la population. Le responsable américain a également pointé un manque de coordination entre les forces de sécurité et les autorités haïtiennes, exacerbant ainsi la vulnérabilité du pays.
Pour répondre à cette crise, Wooster a annoncé l’engagement imminent d’une force internationale dédiée à la lutte contre les gangs. Cette initiative, qui mobilisera 5 500 militaires et policiers issus de 15 pays partenaires, vise à reprendre le contrôle des zones stratégiques et à restaurer l’autorité de l’État. Le déploiement, qui s’inscrit dans une opération concertée, prévoit un travail en synergie avec les forces locales, renforçant ainsi leur capacité opérationnelle. Le diplomate a insisté sur l’importance d’une approche multilatérale, affirmant que la résolution du conflit haïtien ne peut reposer uniquement sur les ressources nationales.
Cette intervention internationale, selon Wooster, ne se limitera pas à une action militaire : elle inclura également des mesures socio-économiques pour réduire les causes profondes de la violence, comme la pauvreté extrême et le chômage. L’objectif, a-t-il précisé, est de créer des alternatives durables aux activités criminelles, afin d’assurer une stabilité à long terme. Les pays participants, dont les gouvernements ont déjà validé leur participation, s’engagent à fournir un soutien logistique et technique, en plus de la présence sur le terrain.
Le chargé d’affaires a enfin appelé à une solidarité internationale accrue pour soutenir les efforts d’Haïti. Il a souligné la nécessité d’un financement conséquent pour moderniser les forces de sécurité et relancer l’économie du pays. « Sans un partenariat mondial solide, la résolution de cette crise restera une utopie », a-t-il conclu, rappelant que le destin d’Haïti concerne l’ensemble de la communauté internationale. Cette déclaration, relayée par plusieurs médias haïtiens, a suscité des réactions mitigées, certains s’inquiétant d’une intervention étrangère trop invasive, tandis que d’autres saluent enfin une réponse concrète à une situation longtemps négligée.
Rédaction Kominotek NEWS

