Venezuela : La Cour suprême nomme Delcy Rodríguez à la tête de l’exécutif après l’arrestation de Maduro

En pleine crise diplomatique qui secoue le Venezuela, la Cour suprême du pays a annoncé, le samedi 3 janvier 2026, la désignation de Delcy Rodríguez, vice-présidente exécutive, comme chef intérimaire de l’exécutif, à la suite de l’arrestation du président Nicolás Maduro par les États-Unis. Cette nomination marque une première historique dans le pays sud-américain : pour la première fois, une femme se voit confier la direction de l’État.
L’événement s’est produit après l’enlèvement de Maduro, perpétré par des forces américaines dans la nuit du vendredi, selon des sources gouvernementales. La Cour suprême, alignée sur le régime chaviste, a aussitôt activé la succession légale en ordonnant à Rodríguez, figure centrale du pouvoir depuis des années, de prendre les rênes. Dans un communiqué, l’institution a souligné que cette décision répondait « à l’ordre constitutionnel et à la nécessité de préserver la stabilité nationale ».
Alors que Washington affirme vouloir éviter un conflit direct, le président américain Donald Trump a indiqué, dans un discours diffusé à la télévision, que son administration ne déployerait pas d’unités militaires sur le sol vénézuélien, mais exigerait des concessions de la part du pouvoir. « Nous n’agirons que si le Venezuela refuse de collaborer », a-t-il déclaré, tout en précisant que Rodríguez devrait « respecter nos conditions », sans les détailler.
Ces conditions sont toutefois restées vagues, ce qui a alimenté les tensions. Quelques heures après l’arrestation de Maduro et de son épouse, Cilia Flores, Rodríguez s’est exprimée dans une allocution radiodiffusée, qualifiant Maduro de « seul président légitime du Venezuela » et exigeant leur libération immédiate. « Notre nation ne sera jamais une colonie », a-t-elle affirmé, en réponse à des rumeurs selon lesquelles les États-Unis envisageraient un changement de régime.
Delcy Rodríguez, 56 ans, est une figure emblématique du gouvernement chaviste depuis 2018. Sœur du président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, elle est également la fille de Jorge Antonio Rodríguez, ancien guérillero et fondateur de la Ligue socialiste, mouvement politique proche du Venezuela bolivarien. Diplômée en droit à l’Université centrale du Venezuela, elle a poursuivi ses études en France et au Royaume-Uni, où elle a obtenu une maîtrise en politique sociale.
En revanche, sa carrière est marquée par des sanctions étrangères. L’Union européenne l’a placée sur sa liste noire en 2019, gelant ses avoirs et interdisant la délivrance de visas. Elle est accusée d’avoir perpétué des violations des droits humains et de la corruption. Rodríguez a réagi à ces critiques en affirmant que son pays « négocierait uniquement dans le cadre des lois internationales et de la souveraineté vénézuélienne », tout en appelant à une résolution pacifique de la crise.
Depuis son arrivée au pouvoir, Rodríguez a insisté sur l’unité du gouvernement et sur la nécessité de résister à l’influence étrangère. « Nous avons subi des agressions, mais notre peuple est résilient », a-t-elle déclaré, entourée de plusieurs ministres lors d’un conseil de crise. Diosdado Cabello, le ministre de l’Intérieur, a également réaffirmé l’engagement du Venezuela à défendre son indépendance.
Les réactions à cette nomination sont divisées. Alors que les partis d’opposition vénézuéliens saluent une avancée symbolique pour les femmes, d’autres critiques soulignent que Rodríguez n’apportera « ni changement de politique ni soutien à la transition démocratique ». L’avenir de cette crise, désormais liée à l’action de Rodríguez, reste incertain, tandis que le Venezuela navigue entre allégeance au chavisme et pressions internationales.
Rédaction Kominotek NEWS

