Venezuela : création d’une commission d’enquête sur les opérations militaires américaines

En réponse aux frappes aériennes menées par les États-Unis contre des embarcations impliquées dans le trafic de drogue, l’Assemblée nationale du Venezuela a annoncé, en début de semaine, la création d’une commission d’enquête dédiée. Cette initiative vise à éclaircir les circonstances entourant ces attaques, perpétrées au large des côtes vénézuéliennes et dans l’océan Pacifique oriental, et à évaluer leur impact sur les populations locales.
Le président de la Chambre, Jorge Rodriguez, a précisé lors d’une interview diffusée par la télévision d’État que l’enquête se concentrerait notamment sur un article du *Washington Post*. Celui-ci rapporte que Pete Hegseth, le secrétaire à la Défense des États-Unis, aurait donné des ordres visant à abattre tous les occupants d’un navire ciblé en septembre dernier. Selon le même rapport relayé par Reuters, une seconde frappe aurait été ordonnée pour neutraliser deux survivants.
« Cette commission mènera une analyse approfondie et rigoureuse des faits », a affirmé M. Rodriguez, soulignant que la procureure générale du Venezuela serait associée à l’instruction.
Depuis plusieurs mois, les forces armées américaines effectuent des raids ciblés contre des navires soupçonnés de trafic de stupéfiants dans la région. Le gouvernement de Nicolás Maduro, tout en rejetant toute participation de son pays à ces activités, accuse les États-Unis de chercher à déstabiliser le Venezuela dans le but de contrôler ses réserves pétrolières.
Le président colombien, Gustavo Petro, a quant à lui appelé à une solution pacifique au conflit. Dans un message publié sur la plateforme X, il a insisté sur l’importance d’un dialogue entre Vénézuéliens pour résoudre leurs divergences. « Toute interférence étrangère ne fera qu’alimenter la crise », a-t-il averti.
Aux États-Unis, des sénateurs de droite et de gauche ont également exprimé leur soutien à des enquêtes législatives sur les opérations militaires. Le démocrate Tim Kaine a évoqué le risque que ces actions constituent des « crimes de guerre », tandis que le républicain Mike Turner a confirmé l’ouverture d’une procédure au Congrès. « Les implications de ces frappes nécessitent une clarification urgente », a-t-il souligné.
Les tensions entre les deux pays s’inscrivent dans un contexte marqué par des accusations réciproques et des confrontations diplomatiques. Le Venezuela exige des preuves de l’innocence de son gouvernement, tandis que les États-Unis réaffirment leur engagement à combattre le narcotrafic régional.
La commission vénézuélienne prévoit de publier un rapport détaillé d’ici quelques mois, en collaboration avec des experts indépendants. Ce dossier servira ensuite de base pour éventuelles poursuites judiciaires ou des mesures politiques.
En parallèle, des ONG internationales demandent une investigation indépendante, appelant à respecter le droit international et à éviter toute escalade. « La sécurité globale dépend de la transparence et de la coopération entre les États », a déclaré un représentant d’une association de défense des droits humains.
Les réactions des acteurs régionaux et mondiaux restent surveillées, tandis que les Vénézuéliens attendent des éclaircissements sur l’impact réel de ces frappes sur leur sécurité et leurs ressources.
Rédaction kominotek NEWS

