
La menace des groupes armés persiste dans plusieurs secteurs de Turgeau, une zone centrale de Port-au-Prince, suscitant une vive inquiétude parmi les riverains. Les résidents de quartiers comme Bas-Turgeau, Haut-Turgeau, Sacré-Cœur et Babiole vivent dans la tension, craignant des attaques de plus en plus fréquentes. Selon leurs témoignages, les bandits s’infiltrent progressivement dans les habitations, dérobant des biens et cherchant à étendre leur contrôle vers Haut-Turgeau, avec comme objectif ultime l’occupation du voisin Canapé-Vert.
Les faits de violence se multiplient principalement la nuit, ce qui pousse les citoyens à exiger une intensification de la présence des forces de l’ordre pendant les heures nocturnes. Ils dénoncent un vide sécuritaire qui favorise les avancées des malfaiteurs, réclamant des patrouilles régulières et une intervention rapide pour désamorcer les conflits.
Le lundi dernier, la brigade de Canapé-Vert a pris une initiative controversée en fermant les principales routes menant à son quartier, créant un embouteillage sur la route de Bourdon, la voie alternative utilisée lorsque la route principale est bloquée. Cette mesure, bien qu’axée sur la protection de la communauté, a perturbé la mobilité des habitants et suscité des critiques sur sa pertinence.
Le même après-midi, de violentes explosions ont secoué plusieurs localités de Turgeau. Ces explosions, attribuées à une opération conduite par le groupe de travail (Task Force), ont alimenté les spéculations sur le bilan humain, bien que les autorités n’aient pas encore communiqué sur les éventuelles victimes ou blessés.
Cependant, un doute persiste quant à l’efficacité des drones armés, déployés depuis plusieurs mois, pour contenir les bandits. Malgré leur utilisation, ces derniers contrôlent toujours près de 90 % de la métropole de Port-au-Prince, selon des estimations locales. Les habitants, sceptiques, questionnent la stratégie actuelle et demandent des solutions alternatives pour restaurer la paix.
Face à cette situation, les appels à une coopération renforcée entre les institutions publiques et la société civile se font entendre. Les résidents souhaitent non seulement une protection immédiate, mais aussi des mesures structurelles pour résoudre les causes profondes de cet engrenage de violence. Pour l’instant, l’alternance entre opérations militaires et tensions locales continue de marquer la vie quotidienne dans cette région, laissant la population dans l’incertitude.
Rédaction Kominotek NEWS

