Alors que le CONATEL intensifie la répression contre les médias locaux accusés de donner une tribune aux chefs de gangs, un paradoxe persiste : les médias internationaux continuent de leur offrir une visibilité mondiale sans la moindre restriction. Cette différence de traitement met en lumière des incohérences majeures dans la gestion de l’information en Haïti.
La récente mise en demeure adressée à Radio Méga, accusée de « propagande en faveur des groupes armés », illustre cette politique. L’émission Boukante La Pawòl, où des figures controversées comme Jimmy Chérisier et Jeff Gwo Lwa ont été invitées, a été suspendue. Si cette décision s’inscrit dans une stratégie visant à limiter l’influence des gangs, elle ignore que des médias étrangers tels que CNN, Franceinfo ou Paris Match multiplient les reportages exclusifs sur ces mêmes individus, souvent sans critique des autorités haïtiennes.
Ces entretiens accordés à des chaînes internationales renforcent l’image de pouvoir de ces chefs de gangs, les présentant parfois comme des victimes ou des interlocuteurs politiques. Pendant ce temps, les journalistes haïtiens sont sanctionnés ou menacés pour avoir traité ces mêmes sujets, sous prétexte de propagande.
Cette complaisance envers la presse étrangère envoie un message troublant : alors que les médias locaux subissent des pressions, les plateformes internationales légitiment indirectement les groupes armés. Résultat, la population doute de la sincérité des partenaires étrangers dans leur volonté d’aider Haïti à rétablir la sécurité.
Pour restaurer une gestion cohérente, les autorités doivent encadrer l’accès des médias internationaux aux zones contrôlées par les gangs et soutenir les journalistes locaux, tout en travaillant avec des plateformes numériques pour limiter la diffusion de contenus légitimant ces acteurs criminels.
Rédaction Kominotek News