
L’Office de la Protection du Citoyen (OPC) a dénoncé un acte de viol perpétré par l’officier Sévère ALY, un policier en poste au commissariat de Saint-Marc, dans le département de l’Artibonite. L’incident, survenu en juin 2023, a touché une adolescente de 16 ans, placée en garde à vue pour des raisons liées à une enquête en cours. L’OPC a qualifié cet acte de « barbare et inacceptable », soulignant qu’il s’inscrit dans un contexte où la vulnérabilité des femmes et des mineures reste un fléau au sein de la société haïtienne.
Dans une lettre transmise à l’Inspecteur général de la Police nationale d’Haïti, Frédéric Leconte, l’OPC a insisté sur la nécessité de traduire l’officier devant les tribunaux « sans délai ». L’institution a également rappelé que les mineures placées en détention ne devraient jamais être confinées dans les mêmes espaces que des adultes, un point crucial pour garantir leur sécurité et leur dignité. « Cet acte émanant d’un agent de l’État, censé protéger les citoyens, illustre l’urgence de réformes structurelles dans les forces de sécurité », a-t-on précisé dans un communiqué officiel.
L’OPC a recommandé des mesures immédiates pour protéger la victime. Outre l’ouverture d’une enquête judiciaire, l’institution a exigé un accompagnement médical et psychosocial pour la jeune fille, tout en veillant à ce qu’elle ne soit pas réexposée à son agresseur ou à ses proches. « La justice doit être un refuge, pas un lieu où les abus se perpétuent », a insisté l’OPC, qui exhorte à un suivi strict du dossier.
Le cas de Sévère ALY n’est cependant pas isolé. L’organisation rappelle que des incidents similaires ont été signalés dans des régions comme la Grand’Anse, où des dossiers sont régulièrement étouffés ou négligés par les autorités. « Les violences contre les femmes, y compris les mineures, sont souvent passées sous silence, ce qui alimente une culture d’impunité », a-t-on déploré. Les réseaux de protection des droits humains s’alarment du manque d’action des institutions face à ces violations systématiques.
Cet incident met une fois de plus en lumière les abus et la violation des droits fondamentaux en Haïti. Les femmes et les filles, particulièrement les plus vulnérables, sont régulièrement confrontées à la violence patriarcale, à l’exploitation sexuelle et à des mécanismes judiciaires inefficaces. Depuis des années, des cas de violences policières ou liées à des agents de sécurité ont été rapportés, sans que des sanctions concrètes soient appliquées. L’OPC appelle à une réforme en profondeur du système pénal et à la création de mécanismes indépendants pour protéger les victimes.
La communauté internationale, via des ONG comme le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a récemment appelé à un renforcement des droits des femmes haïtiennes. « La sécurité des citoyens ne peut être garantie que dans un cadre où l’État respecte ses obligations », a déclaré un représentant local.
Le cas de Sévère ALY, désormais en détention préventive, pourrait constituer un tournant symbolique si la justice haïtienne parvient à débattre publiquement de cet acte, en dépit des pressions traditionnelles. Pour l’OPC, il s’agit d’une opportunité de réaffirmer le principe d’égalité devant la loi et de rompre avec les pratiques d’impunité. « Les victimes méritent que leur voix soit entendue, et que les coupables paient », a conclu l’organisation.
Rédaction Kominotek NEWS

