
Les conseillers du Conseil présidentiel de transition (CPT), Edgard Leblanc Fils et Leslie Voltaire, ont officiellement soutenu lundi 23 janvier la révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, expliquant cette démarche par la nécessité de respecter les dispositions légales édictées pour la transition politique en Haïti. Lors d’un point de presse organisé à la Villa d’Accueil, les deux figures du CPT ont insisté sur la légalité de cette décision, soulignant qu’elle s’inscrit dans le cadre strict défini par le décret du 3 avril 2024, qui encadre les pouvoirs et les modalités d’action du Conseil.
Selon M. Leblanc Fils et M. Voltaire, la destitution du chef du gouvernement repose sur l’article 11 du texte juridique susmentionné, qui autorise le CPT à intervenir dans les cas de non-respect des obligations statutaires ou de fragilité institutionnelle. Ils ont affirmé que cette mesure, bien que controversée, vise à rétablir la cohérence entre les institutions étatiques et à promouvoir une solution locale à la crise profonde traversée par le pays, caractérisée par des tensions sociales, économiques et sécuritaires.
Les deux conseillers ont également révélé que les procédures pour désigner un successeur au Premier ministre sont en cours. Selon des informations exclusives obtenues par le média Métronome, les cinq membres du CPT ont déposé officiellement un document au Secrétariat général du Palais national, détaillant les modalités de ce remplacement. Cependant, un blocage administratif se profile, mettant en lumière les divisions internes au sein des structures d’État.
La Secrétaire générale du Palais, Mme Régine Haddad, se trouve dans une situation délicate. Elle détiendrait à la fois le document relatif au remplacement du Premier ministre et une correspondance émanant du président du CPT, Laurent Saint-Cyr. Dans cette lettre, M. Saint-Cyr lui ordonne formellement de ne transmettre aucun texte aux Presses nationales sans son aval préalable, conformément aux règles établies par le décret du 3 avril 2024.
Cette exigence a suspendu la publication du document, empêchant son acheminement vers les Presses nationales, comme l’a confirmé une source proche du dossier à 13 h 20 lundi. Cette impasse souligne la complexité des rapports de pouvoir au sein du CPT et les tensions persistantes entre les acteurs de la transition. Les critiques ne manquent pas, certains accusant le Conseil de multiplier les décisions unilatérales, tandis que d’autres saluent ses efforts pour réaffirmer son autorité dans un contexte de désorganisation.
Alors que le pays navigue entre espoirs et craintes, le CPT se positionne comme la seule instance capable de stabiliser le pays. Pourtant, les retards et les conflits d’intérêts internes risquent de fragiliser davantage une instance perçue comme cruciale par les observateurs. L’avenir du gouvernement haïtien dépendra désormais de la capacité du CPT à surmonter ces obstacles et à convaincre les citoyens de son engagement en faveur d’une réforme durable.
Rédaction Kominotek NEWS

