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Revenus contradictoires et comptes bancaires dissimulés : l’ULCC accuse l’ancien président Martelly de fausse déclaration de patrimoine

L’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a publié, le 8 décembre 2025, un rapport détaillé mettant en évidence des irrégularités graves dans les déclarations patrimoniales de l’ancien président haïtien, Michel Joseph Martelly, pour sa période de fonction (2011-2016). L’institution recommande formellement la mise en mouvement de l’action publique contre l’ancien chef d’État pour faux et omissions dans ses déclarations d’entrée et de sortie de fonction.

Selon les enquêteurs, les époux Martelly auraient sous-évalué volontairement leurs biens tout en dissimulant des comptes bancaires. Alors qu’ils avaient officiellement déclaré trois comptes bancaires, l’enquête de l’ULCC a révélé l’existence de vingt (20) comptes, répartis entre les époux et des entités juridiquement liées à leur couple. « Douze (12) de ces comptes, individuels ou institutionnels, non mentionnés dans la déclaration initiale, étaient actifs à la date de prise de fonction », précise le rapport. Ces comptes, dont certains sont directement liés à la campagne électorale de Martelly et à la Fondation Rose et Blanc, soulèvent des doutes sur la transparence de leurs déclarations.

Les enquêteurs ont également noté l’absence de deux comptes précisément identifiés par l’ancien président : le dépôt à terme (DAT) nᵒ 448 953 et le compte courant nᵒ 458 316, déclarés lors de son entrée au pouvoir mais introuvables dans les relevés fournis par la CAPITAL BANK. Cette omission, couplée à des soldes non déclarés, conduit l’ULCC à conclure à une sous-évaluation intentionnelle de leur patrimoine.

Concernant sa déclaration de sortie de fonction, Martelly a indiqué deux DAT en dollars à la UNIBANK, totalisant 86 866,37 dollars, ainsi que six comptes bancaires à la CAPITAL BANK. Cependant, les documents bancaires fournis par plusieurs établissements ont révélé dix-sept (17) comptes actifs, plus trois cartes de crédit, en contradiction avec sa déclaration officielle de six comptes. L’ULCC estime impossibles de retrouver certains comptes mentionnés, comme ceux liés à la UNIBANK et à la CAPITAL BANK, tout en soulignant l’existence de structures juridiques contrôlées par Sophia Martelly, épouse de l’ancien président.

Les revenus déclarés par Martelly font également l’objet de critiques. Il a indiqué un salaire mensuel de 242 400 gourdes, un revenu artistique annuel de 100 000 dollars et une épouse déclarant 60 000 dollars via des activités commerciales. Cependant, des incohérences majeures ont été relevées : un écart de 81 000 dollars entre son revenu artistique et sa déclaration nette, ou encore un manque de justificatifs pour les revenus familiaux consolidés (529 000 dollars). L’ULCC souligne aussi une augmentation inexpliquée de 270 % des revenus privés après la fin de son mandat, ainsi qu’une omission totale des 10,76 millions de gourdes perçus par sa femme pendant son exercice présidentiel.

En conclusion, l’ULCC accuse l’ancien président de violations flagrantes des obligations déclaratives légales, allant de l’omission de comptes bancaires à la dissimulation de revenus. Elle recommande des poursuites pénales pour fausse déclaration de patrimoine, marquant un nouveau tournant dans les efforts de lutte contre la corruption en Haïti.

 

Rédaction Kominotek NEWS

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