
Le 5 novembre 2025, l’Organisation des citoyens pour une nouvelle Haïti (OCNH), un groupe civil engagé dans la promotion de la justice et de la démocratie, a organisé un dialogue crucial avec le magistrat Érode Bazile, représentant des tribunaux de paix au sein du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ). Cette réunion, initiée dans le cadre d’une campagne de sensibilisation sur l’efficacité du système judiciaire, visait à identifier les obstacles majeurs affectant le fonctionnement des juridictions de paix, des structures juridictionnelles fondamentales pour l’accès à la justice dans les zones rurales haïtiennes.
Les discussions ont révélé un problème structurel : la pénurie chronique de magistrats et la détérioration des conditions de travail dans ces tribunaux. Selon les données partagées par M. Bazile, sur les 414 juges de paix actifs recensés à ce jour, un déficit significatif persiste, empêchant une couverture équitable des districts. Cette insuffisance, combinée à des infrastructures insalubres, des équipements obsolètes et des salaires insuffisants, met en péril la crédibilité de ces institutions. Les juges, souvent contraints de siéger dans des locaux improvisés ou délabrés, luttent également contre des charges de travail exorbitantes, entraînant un taux de turnover élevé et une démotivation généralisée.
L’OCNH a insisté sur l’urgence de ces dysfonctionnements, soulignant leur impact sur la sécurité sociale et l’État de droit. « Les tribunaux de paix constituent l’un des piliers de la justice de proximité en Haïti, mais leur dégradation menace l’équité territoriale », a déclaré un porte-parole de l’organisation. Les deux parties ont convenu de la nécessité d’un plan d’action immédiat, incluant une formation renforcée des magistrats, une rénovation des bâtiments judiciaires et une mobilisation des ressources pour attirer des candidats qualifiés.
Cependant, des divergences ont émergé sur la responsabilité des retards dans la nomination de nouveaux juges. Le CSPJ a rappelé les contraintes liées au processus de recrutement, notamment la nécessité de s’aligner sur les critères de compétence et d’éthique, tandis que l’OCNH a critiqué un manque d’engagement des autorités pour accélérer cette procédure.
Cette rencontre, placée sous le signe de l’apaisement, a toutefois marqué un premier pas vers une collaboration plus étroite entre la société civile et les institutions judiciaires. Des comités de suivi ont été proposés pour évaluer les progrès trimestriellement, avec un objectif d’atteindre une couverture complète des tribunaux d’ici 2027.
Pour l’observateur, cette initiative illustre un changement de paradigme dans la gouvernance haïtienne, où les acteurs non étatiques jouent un rôle croissant dans la réforme des secteurs clés. Reste à voir si ces engagements se traduiront par des actions concrètes, car le retard accumulé par le système judiciaire nécessite des efforts constants et une volonté politique inébranquable.
Rédaction Kominotek NEWS

