
La situation sécuritaire en Haïti continue de s’aggraver, entraînant une crise humanitaire sans précédent. Selon des chiffres fournis par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 3.000 individus ont dû quitter leurs résidences après des incidents armés survenus dans les quartiers de Cité Soleil et de Croix-des-Bouquets. Ces événements s’ajoutent à une crise déjà critique, avec plus de 1,45 million de Haïtiens actuellement déplacés à l’intérieur du pays, une statistique proche de celle enregistrée après le tremblement de terre de 2010.
Les nouveaux déplacements sont principalement dus à l’intensification des conflits entre groupes armés opérant dans des zones comme Canaran et Pierre 6. Depuis le 8 mars 2026, des armes lourdes ont été utilisées de manière répétée, provoquant une panique générale et poussant des familles entières à fuir sans avertissement. De nombreux sinistrés ont dû partir précipitamment, abandonnant tout leur matériel, notamment des femmes enceintes, des nourrissons et des enfants, particulièrement vulnérables dans ce contexte.
L’OIM souligne que près de trois quarts des déplacés ont trouvé refuge chez des proches, mais ces familles d’accueil, déjà confrontées à des difficultés économiques, peinent à supporter cette charge supplémentaire. Les autres personnes ont recours à des sites d’accueil improvisés, souvent manquant de services de base tels que l’eau potable, les installations sanitaires, ou l’accès aux soins médicaux. Dans la capitale, Port-au-Prince, cinq centres existants accueillent déjà des milliers de personnes, mais deux nouveaux campements ont dû être ajoutés, exacerbant la surpopulation.
À l’échelle du pays, 197.000 personnes vivent actuellement dans des conditions précaires dans des zones de déplacement, surtout dans la région métropolitaine. La crise se propage également dans d’autres départements, comme le Centre, l’Artibonite et le Grand Nord, où les infrastructures publiques, déjà fragilisées, sont submergées par le flux croissant de demandeurs d’asile.
Malgré l’urgence de la situation, les autorités locales n’ont pas encore réagi de manière claire pour condamner les violences ou rétablir l’ordre. Des témoins rapportent des incendies de maisons, des pillages et des tirs d’armes automatiques dans les quartiers touchés, mais aucune intervention concrète n’a été observée. Cette absence de réponse suscite l’inquiétude des observateurs, alors que des déclarations répétées affirment vouloir reprendre le contrôle des territoires contrôlés par les milices armées.
Ces derniers mois, des annonces ont évoqué un financement de 50 millions de dollars pour renforcer les forces de sécurité. Cependant, dans les quartiers les plus exposés, les habitants vivent quotidien dans la peur, face à l’emprise croissante des groupes armés, qui perpétuent attaques, intimidations et violences sans réaction des forces de l’ordre. Des milliers de familles déplacées se battent pour survivre dans des conditions extrêmes, tout en espérant une action tangible des autorités pour mettre fin à cet impas.
Rédaction Kominotek NEWS

