Face à l’augmentation soudaine de la violence armée dans la région métropolitaine, des milliers de familles haïtiennes fuient leurs quartiers devenus inhospitaliers. Pétion-Ville, une commune déjà fortement peuplée, est aujourd’hui l’un des principaux lieux d’accueil pour ces déplacés internes.
Cet afflux sans précédent perturbe l’équilibre urbain. Depuis plusieurs semaines, des vagues de réfugiés internes arrivent à Pétion-Ville. Familles, commerçants, professionnels, ainsi que des écoles et petites entreprises déplacées, s’installent dans la commune, cherchant désespérément un minimum de sécurité. Avec une superficie de 165,49 km², la commune subit déjà une pression démographique intense.
Selon les dernières estimations de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et des Nations unies (ONU), plus d’un million de déplacés internes sont recensés à travers le pays. Pétion-Ville, malgré ses limites structurelles, absorbe une part significative de cette population en errance. Certains trouvent refuge chez des proches, tandis que d’autres occupent les places publiques ou des bâtiments abandonnés.
La pression sur les services et les infrastructures s’intensifie. Les embouteillages incessants, la prolifération des marchands ambulants et la difficulté accrue de gestion des déchets transforment le visage de la commune. Des lieux emblématiques comme la Place Boyer et la Place Saint-Pierre sont aujourd’hui envahis par des enfants en détresse et des familles sans abri.
Les services essentiels, tels que l’eau, l’électricité et la santé, sont sous forte tension. Les écoles, quant à elles, sont débordées. Le nombre d’enfants déscolarisés augmente, alimentant l’inquiétude pour une génération sacrifiée.
Un climat d’incertitude grandissante règne à Pétion-Ville. Bien que perçue comme relativement épargnée, la commune n’est pas à l’abri des gangs. L’insécurité gagne du terrain, nourrissant un climat d’angoisse permanent tant pour les déplacés que pour les habitants de longue date.
Alors que l’État peine à répondre à l’urgence, les regards se tournent vers l’avenir incertain de cette commune sous pression. Le sort de milliers de déplacés y est suspendu à l’évolution d’une crise qui ne montre aucun signe d’apaisement.
Rédaction Kominotek NEWS