
Une centaine de citoyens haïtiens ont organisé une manifestation pacifique sur le pont reliant Juana Méndez (Haïti) à Dajabón (République dominicaine), exigeant une enquête approfondie sur la mort tragique de Stephora Ann-Mircie Joseph, une enfant de 11 ans. Les manifestants, armés de pancartes et scandant des slogans, ont appelé à une justice équitable après l’accident survenu lors d’une sortie scolaire en territoire dominicain. Les forces de la Polifront, unité de sécurité haïtienne, ont surveillé les lieux pour garantir la sécurité et éviter tout incident.
Stephora, élève au collège Leonardo Da Vinci à Santiago, a perdu la vie après avoir été entraînée par une piscine non signalée durant une excursion. L’incident, survenu le 12 octobre 2023, a déclenché une vague de consternation. Les autorités dominicaines ont arrêté quatre personnalités liées à l’établissement : Yris del Carmen Reyes Adames, coordinatrice administrative ; Gisela González, responsable pédagogique ; Francisca Tavárez Vélez, conseillère d’orientation ; et Vilma Vargas Morel, directrice du secondaire. Les accusations portent sur une négligence grave, avec violation des obligations de surveillance.
D’après les enquêteurs, l’enfant s’est retrouvée dans la piscine à 9h44, sans avertissement sur les risques. Paniquée, elle aurait tenté de crier, mais son corps a été découvert une demi-heure plus tard par un camarade. Les autorités soulignent que l’absence de signalisation et la carence dans la supervision ont conduit à cette tragédie. La mère de Stephora, une résidente de Port-au-Prince, a insisté sur l’importance d’une justice claire et d’une responsabilité exemplaire pour éviter de futurs drames.
Cette affaire a révélé des failles dans les protocypes de sécurité scolaires en République dominicaine. Les familles des élèves ont exprimé leur inquiétude, exigeant des mesures pour protéger les enfants lors des activités hors campus. Les écoles haïtiennes, souvent fréquentées par des élèves binationaux ou vivant près de la frontière, ont également souligné la nécessité de coopérer avec les institutions dominicaines pour garantir la sécurité de leurs élèves.
La frontière entre les deux pays, symbolisant à la fois des liens historiques et des tensions, s’est transformée en lieu de mobilisation. Les habitants des deux côtés, partageant des racines culturelles, ont exprimé leur solidarité face à cette perte tragique. Des leaders communautaires ont appelé à une réforme des politiques éducatives et à une sensibilisation accrue sur la sécurité en milieu aquatique.
Stephora Joseph restera gravée dans les mémoires comme un rappel poignant de l’importance de la vigilance. Son histoire, relayée par les médias, a suscité une vague de dons pour sa famille et l’aménagement de structures de sécurité dans les établissements scolaires. L’incident, bien qu’isolé, met en lumière des problématiques plus vastes : l’équité dans l’accès aux ressources éducatives et la nécessité d’une collaboration régionale pour prévenir les drames liés à l’insécurité.
Rédaction Kominotek NEWS

