
Le 15 décembre 2025, le Conseil de l’Union européenne a annoncé des mesures strictes contre l’ancien président haïtien Michel Martelly, ainsi que contre les anciens sénateurs Youri Latortue et Rony Célestin, pour leur rôle présumé dans des violations graves des droits humains. Ces individus, accusés d’être des soutiens financiers et logistiques de groupes armés, font l’objet d’une confiscation de leurs biens et d’une interdiction de voyager vers les territoires de l’UE. Cette décision s’inscrit dans un contexte de lutte accrue contre les réseaux criminels en Haïti, où la violence et la corruption gangrènent le paysage politique.
Selon une déclaration officielle publiée par le Conseil, Rony Célestin, anciennement sénateur, est spécifiquement accusé d’avoir organisé l’assassinat du journaliste Néhémie Joseph. Ce dernier, connu pour ses enquêtes sur la corruption et les activités illicites des élites haïtiennes, avait dénoncé publiquement les agissements malfaisants de Célestin. « Nous imposons des sanctions contre ceux qui mettent en péril la stabilité et la sécurité d’Haïti, en exploitant le chaos pour leurs intérêts personnels », a déclaré un porte-parole du Conseil.
Les sanctions ciblent également le gang 5 Segond, basé à Village-de-Dieu, un quartier de Port-au-Prince. Ce groupe criminel, dirigé par des figures notoires, est soupçonné de perpétrer des actes de violence atroces, notamment des viols, des enlèvements, des meurtres, des piratages informatiques, des extorsions, et de bloquer la distribution d’aide humanitaire. Le 5 Segond est également impliqué dans le trafic d’armes légères, de drogues, et d’autres produits illicites, renforçant son emprise sur les communautés locales.
Les mesures adoptées par l’UE comprennent un gel total des actifs des personnes visées. Ainsi, toute transaction financière, directe ou indirecte, entre les individus concernés et les entités de l’Union européenne est interdite. En parallèle, un embargo sur les voyages vers les 27 États membres a été instauré. « Ces sanctions visent à isoler les responsables de la criminalité organisée et à dissuader tout soutien étranger à leurs activités », précise le communiqué.
Il est à noter que Michel Martelly, Youri Latortue et Rony Célestin avaient déjà été sanctionnés en 2023 par les gouvernements des États-Unis et du Canada, pour leur implication avérée dans des affaires de corruption, de détournement de fonds, et de financement de milices. Les récentes mesures de l’UE marquent une montée en puissance des pressions internationales contre les élites haïtiennes accusées de perpétuer la misère et l’insécurité dans le pays.
L’Union européenne a appelé les autorités haïtiennes à coopérer pleinement avec les instances internationales pour mener des enquêtes indépendantes et traduire en justice les auteurs de crimes graves. « La justice ne peut être compromise, et les responsables ne doivent pas échapper à leurs actes », a insisté le Conseil dans son communiqué. Cette initiative s’inscrit également dans une stratégie plus large visant à renforcer les institutions haïtiennes et à soutenir les efforts de reconstruction après le séisme de 2022.
En conclusion, les sanctions de l’UE soulignent l’importance d’une approche multilatérale pour lutter contre les réseaux criminels et restaurer la confiance des citoyens haïtiens. Cependant, les défis restent colossaux, nécessitant une coordination étroite entre les gouvernements, les ONG et la société civile pour garantir un avenir plus stable et juste pour Haïti.
Rédaction Kominotek NEWS

