Les États-Unis avertissent le CPT contre toute initiative de destitution du Premier ministre Fils-Aimé

Port-au-Prince a connu une journée marquée par l’insécurité mercredi, avec des signes émergents d’une escalade des tensions liés à la date clé du 7 février. Les rumeurs d’une possible destitution du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, menacée par le Conseil présidentiel de transition (CPT), ont alimenté la confusion. À la tombée du jour, l’ambassade des États-Unis a publié une déclaration officielle, soulignant clairement son opposition à toute action de ce type.
Dans un communiqué publié sur la plateforme X, Washington a affirmé : « Nos priorités en Haïti restent la sécurité et la stabilité, deux piliers essentiels pour la reprise du pays. Toute modification non électorale de la composition gouvernementale par le CPT, en particulier à un moment critique de leur mandat, serait perçue comme une tentative de contester ces objectifs. De telles manœuvres seront considérées comme nulles et non avenues. » La diplomatie américaine a insisté sur le fait que l’actuel gouvernement doit rester en fonction jusqu’à la fin de son mandat, conformément aux accords internationaux.
Les États-Unis ont également précisé que toute figure politique ou acteur soutenant une initiative visant à fragiliser le gouvernement en place serait désormais assimilée à une alliance tacite avec les groupes armés opérant dans le pays. « Nous ne tolérerons aucune action qui favoriserait l’instabilité ou les intérêts des gangs », a-t-on ajouté, rappelant que l’Oncle Sam pourrait imposer des sanctions ciblées, y compris des restrictions diplomatiques ou financières, contre les responsables impliqués.
Cet avertissement intervient après des semaines de tensions entre les États-Unis et le CPT, qui s’est souvent montré réticent à respecter les engagements pris avec la communauté internationale. Le 7 février, date symbolique dans le processus électoral haïtien, se profile comme un moment crucial pour l’avenir de la transition. Les États-Unis, soutenus par d’autres acteurs régionaux, appellent à un retour à la légalité et à l’organisation d’élections crédibles.
Dans un contexte où les tensions s’accentuent dans les rues et où les groupes armés tentent de profiter de l’incertitude, la position du pouvoir américain marque un tournant clair. En mettant en garde contre toute ingérence dans le gouvernement, Washington tente de stabiliser une situation déjà fragile, tout en affirmant son rôle de garant des principes démocratiques. Cependant, les réactions locales restent mitigées, certains interprétant ces déclarations comme une pression excessive de l’étranger sur les affaires internes haïtiennes.
Le défi, pour les autorités transitoires et leurs partenaires, reste de concilier les impératifs de sécurité avec les attentes d’une population exigeant des réformes urgentes. Les États-Unis, bien qu’impliqués, rappellent qu’une solution durable ne peut émerger qu’à partir d’un consensus national, tout en soulignant que tout projet de révision illégitime du gouvernement sera traité comme une violation de l’ordre constitutionnel. Ce message, chargé de fermeté, vise à dissuader toute faction de prendre des initiatives unilatérales, tout en renforçant la nécessité d’une transition pacifique et inclusive.
Rédaction Kominotek NEWS

