Le silence de la diplomatie haïtienne : un nouveau-né décède à nouveau dans un centre de rétention dominicain

La presse dominicaine rapporte qu’un nouveau-né a présenté des signes d’agitation, suivis d’un hoquet et d’une détresse respiratoire pendant qu’il était allaité par sa mère. L’événement tragique s’est déroulé au Centre de traitement des migrations de Haina, situé à San Cristóbal, selon une déclaration publiée vendredi par la Direction générale des migrations (DGM).
La mère, Melissa Jean Batista, une jeune Haïtienne âgée de 20 ans, avait été retenue dans le centre de rétention avec son enfant, malgré les circonstances spéciales liées à l’allaitement maternel. La DGM justifie cette décision en évoquant un statut migratoire irrégulier. Selon l’institution, un examen médical avait été effectué à leur arrivée, et aucun signe de danger immédiat n’avait été observé.
Cependant, Melissa Jean Batista affirme avoir constaté des anomalies chez son bébé peu après minuit. L’enfant, alors allaité, avait subitement montré des signes d’agitation, puis des difficultés respiratoires. Le personnel médical du centre est intervenu rapidement, transférant le nourrisson au dispensaire du site et appliquant des procédures de stabilisation. La DGM souligne avoir fourni à la mère un soutien psychologique et médical, en collaboration avec des psychologues et des professionnels de santé.
Une enquête a été lancée, en coordination avec le ministère public, la Direction centrale des enquêtes (Dicrim) et l’Institut national des sciences médico-légales (Inacif), pour établir les circonstances exactes de ce décès. Les autorités dominicaines affirment que les protocoles ont été respectés, mais les critiques ne manquent pas.
Le Quotidien 509 exprime sa vive inquiétude face à l’absence totale de réaction de la représentation diplomatique haïtienne en République dominicaine. Un enfant haïtien est mort en détention. Une mère, âgée de 20 ans, se retrouve sans soutien consulaire. Dans un contexte marqué par une augmentation des expulsions, des détentions arbitraires et des violations des droits des migrants haïtiens, le silence de la diplomatie apparaît non seulement inacceptable, mais gravement irresponsable.
L’article souligne que, face à des incidents répétés impliquant des civils vulnérables, l’absence d’action de la part des autorités haïtiennes risque de générer un climat de méfiance et de mécontentement parmi la communauté. Les organisations de défense des droits humains appelaient mercredi à une réponse claire et transparente, insistant sur la nécessité d’une coopération accrue entre les deux pays pour protéger les personnes en situation de vulnérabilité.
Ce nouveau décès relance le débat sur les conditions de détention des migrants, particulièrement les femmes enceintes ou allaitantes. Les ONG locaux réclament un audit indépendant des centres de rétention et des mesures législatives urgentes pour prévenir un tel drame. La communauté internationale, rappelant les conventions sur les droits de l’enfant et les migrants, exhorte les gouvernements concernés à agir avec plus de diligence et de compassion.
Rédaction Kominotek NEWS

