Le Panama abolit l’obligation de visa de transit pour les Haïtiens et s’allie avec Washington contre les gangs en Haïti

Le 25 août 2025, le Panama a supprimé l’obligation de visa de transit imposée aux Haïtiens, mettant fin à une mesure qui avait longtemps été contestée. Dans le même élan, le pays a renforcé son partenariat avec les États-Unis au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, en proposant la création d’une force internationale pour lutter contre les gangs qui déstabilisent Haïti.
Le 28 août 2025, les États-Unis et le Panama ont présenté devant le Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution visant à établir une force internationale de 5 550 membres. Cette force aurait pour mandat d’arrêter et de détenir les membres des gangs en Haïti. L’objectif est de renforcer la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS), dirigée par le Kenya, qui souffre actuellement d’un manque de financement et de personnel.
L’ambassadrice américaine Dorothy Shea a souligné que l’expansion des gangs menace les progrès réalisés par la Police nationale haïtienne et la mission MSS. Elle a exhorté les pays membres à accroître leur contribution, rappelant que les États-Unis ne pouvaient pas assumer seuls le fardeau de cette mission.
La proposition américano-panaméenne prévoit de transformer la MSS en une « Force de suppression des gangs », composée de 5 500 militaires et de 50 civils, pour une durée initiale de 12 mois. Les objectifs de cette force incluent : des opérations ciblées contre les gangs, la sécurisation d’infrastructures stratégiques comme les aéroports, les ports, les écoles et les hôpitaux, ainsi que le soutien aux autorités haïtiennes dans la lutte contre le trafic d’armes et la corruption.
Depuis son autorisation par le Conseil de sécurité en 2023, la mission kényane devait initialement déployer 2 500 soldats. Cependant, plus d’un an après, moins de 1 100 militaires sont effectivement présents en Haïti, limitant ainsi les résultats escomptés. Cette situation a suscité un scepticisme chez de nombreux Haïtiens quant à l’efficacité d’une nouvelle alliance, même élargie au Panama, après les déconvenues passées sous la direction conjointe des États-Unis et de l’Équateur.
Au-delà de cette initiative sécuritaire, les relations entre Haïti et le Panama s’appuient sur des échanges diplomatiques et commerciaux traditionnels. Le Panama est une destination prisée par les commerçantes haïtiennes, connues sous le nom de « Madan Sara », qui y importent divers produits. Cependant, le pays avait longtemps maintenu une politique migratoire stricte à l’égard des ressortissants haïtiens. Jusqu’à récemment, même les voyageurs munis de visas valides pour les États-Unis, le Canada ou l’espace Schengen devaient obtenir un visa de transit pour transiter par le Panama, rendant les déplacements particulièrement contraignants.
Le 25 août 2025 a marqué un tournant : selon la Gaceta Oficial Digital (référence n° 30350), le Panama a officiellement levé l’obligation de visa de transit pour les Haïtiens. Cette mesure met fin à une règle qui plaçait Haïti, au même titre que Cuba, dans une catégorie de traitement migratoire plus restrictif, établie par le décret exécutif n° 521 d’août 2018.
Les retards dans les déploiements passés, la méfiance persistante d’une partie de la population haïtienne et les tensions migratoires entre Port-au-Prince et Panama City posent question. Cette nouvelle alliance pourra-t-elle réellement changer la donne dans la lutte contre les gangs et la stabilisation du pays ? Seul l’avenir le dira.
Rédaction Kominotek NEWS

