Le gouvernement américain officialise la fin du statut de protection temporaire pour Haïti

Le 26 novembre 2025, le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS) a annoncé la fin de la désignation du **Statut de Protection Temporaire (TPS)** pour les ressortissants haïtiens. Cette décision, publiée dans le **Journal fédéral**, ouvre la voie à une expulsion progressive de ces individus ne disposant d’aucun autre statut légal pour rester sur le sol américain.
Selon le communiqué officiel, le secrétaire adjoint au DHS, Christi Noem, a conclu, après une concertation avec les autorités interagences, qu’Haïti ne remplissait plus les critères juridiques permettant au TPS d’être maintenu. L’analyse a notamment pris en compte un audit mené par le Service de citoyenneté et d’immigration des États-Unis (USCIS), les avis des agences gouvernementales concernées, ainsi qu’une évaluation des implications pour les intérêts nationaux américains. « *Permettre à des ressortissants haïtiens de rester temporairement aux États-Unis est désormais incompatible avec les priorités sécuritaires et économiques du pays* », justifie le DHS.
La résiliation du TPS pour Haïti entrera en vigueur le 3 février 2026, marquant la fin d’un programme mis en place en 2010 suite au séisme dévastateur du 12 janvier de cette année-là. Plus de **65 000 Haïtiens** bénéficiaient de ce statut, leur offrant droit à un permis de travail et à la protection contre l’expulsion.
Les autorités américaines encouragent les bénéficiaires actuels du TPS à se préparer à quitter le pays. « *Si vous n’avez pas d’autres bases juridiques pour rester, vous devez organiser votre départ* », indique le DHS. Pour faciliter ce processus, les personnes concernées peuvent utiliser l’application **CBP Home**, permettant de signaler leur départ volontaire.
Le gouvernement propose un **programme d’autodépart sécurisé**, incluant un billet d’avion gratuit vers Haïti, un bonus de départ de **1 000 dollars**, et des possibilités futures d’immigration légale. Ce dispositif vise à éviter les recours en justice et à réduire la charge administrative liée aux expulsions forcées.
Les critiques de cette décision ont immédiatement surgi, notamment auprès de groupes de défense des droits des étrangers. « *Cette décision est inhumaine et met en péril des familles établies depuis des années aux États-Unis* », dénonce un porte-parole d’un ONG. En revanche, le DHS souligne qu’elle reflète une nécessaire modernisation des politiques migratoires, alignées sur les enjeux actuels.
Reste à voir si des recours juridiques pourraient bloquer ou modifier cette décision, tandis que les élu·e·s démocrates réclament un accord permettant aux bénéficiaires du TPS de rester. Pour l’instant, le calendrier fixé par le DHS reste en place, rappelant que la fin du TPS est un processus progressif, avec des étapes d’échelle juridique et administrative.
Les prochaines étapes incluent des audiences publiques et la publication de détails supplémentaires sur les modalités de départ. Le DHS maintient que sa priorité est d’assurer la sécurité nationale tout en respectant les obligations internationales, tout en soulignant que « *les décisions migratoires s’adaptent aux réalités changeantes* ».
Rédaction Kominotek NEWS

