
Dans un rapport récent publié en octobre 2025, le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) a révélé des allégations graves concernant le commissaire du gouvernement de Miragoâne, Jean Ernest Muscadin. L’instance onusienne accuse ce dernier d’avoir perpétré, au cours des derniers mois, une série d’exécutions extrajudiciaires ayant fait 28 victimes. Cette révélation intervient alors que le nom de Muscadin est régulièrement évoqué comme un éventuel candidat à la présidence du pays, jetant un éclairage trouble sur sa légitimité politique.
Selon le document, une scène cruciale s’est déroulée le 23 juillet 2025, dans la commune de Miragoâne, située dans le département des Nippes. Un homme armé a été abattu par le commissaire, un incident qui a été documenté par le BINUH comme un acte d’exécution extrajudiciaire. Cette affaire est présentée comme l’une des 28 cas recensés par l’organisation depuis le début de l’année 2025.
Le rapport souligne également que, lors du trimestre précédent (avril-juin 2025), Muscadin avait déjà été impliqué dans l’assassinat de 27 personnes, sans que des mesures disciplinaires ou légales soient jamais prises contre lui. Ces faits, qualifiés d’« impunité flagrante » par le BINUH, soulèvent des préoccupations majeures quant au respect des droits humains et à l’indépendance des institutions haïtiennes.
En octobre 2024, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires ou sommaires avait déjà alerté le gouvernement haïtien sur les pratiques de Muscadin. Accompagné de la Rapporteuse spéciale sur l’indépendance des juges et des avocats, il avait exigé des mesures immédiates pour mettre un terme à ces violations. Malgré ces demandes répétées, le commissaire continue de détenir son poste, profitant d’un soutien populaire solide dans sa région.
Les autorités haïtiennes sont désormais pressées de clarifier cette situation. Le BINUH appelle à une enquête indépendante et transparente pour établir les responsabilités et garantir l’application de la loi. « Il est impératif que l’État prenne ses responsabilités et protège les citoyens contre toute forme d’abus de pouvoir », insiste le rapport.
Cependant, Muscadin reste une figure influente dans le paysage politique local. Son action, souvent perçue comme une garantie de sécurité dans une région troublée par la violence, lui vaut le soutien d’une partie de la population. Ce soutien, bien que contestable sur le plan légal, nourrit les spéculations sur une éventuelle candidature-présidentielle, renforçant un climat de polarisation.
Le BINUH souligne enfin que la persistance d’acteurs comme Muscadin, opérant en marge du droit, menace la stabilité du pays et compromet les efforts de construction d’un système judiciaire indépendant. Les appels à une réforme urgente des institutions haïtiennes se multiplient, tandis que la communauté internationale surveille de près l’évolution de la situation.
Rédaction Kominotek NEWS

