
L’ancien sénateur Francisco De La Cruz, autrefois élu au département du Centre, a été appréhendé lundi en République dominicaine, marquant le début d’une procédure judiciaire transfrontalière entre les deux nations. L’ancien parlementaire, désormais en détention provisoire, a été officiellement remis aux forces de l’ordre haïtiennes à la frontière nord, entre les deux pays, dans le cadre d’une coopération policière renforcée. Cette information a été confirmée par le commissaire principal Léonard Anténor, haut fonctionnaire de la Police de la Frontière (Polifront) dans le Nord-Est haïtien, lors d’un entretien avec le quotidien *Le Nouvelliste*.
« Les autorités dominicaines nous ont officiellement livré l’ancien sénateur Francisco De La Cruz, arrêté lundi sur leur territoire », a déclaré M. Anténor, soulignant l’implication des forces sud-américaines dans cette opération. L’arrestation survient dans un contexte marqué par une pression accrue sur les élus en cause dans des affaires de corruption, notamment liées à des détournements d’équipements publics. En effet, l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a déjà placé Francisco De La Cruz en 2024 sur une liste révélant des parlementaires soupçonnés d’être en possession d’objets appartenant au Centre National des Equipements (CNE), une institution stratégique en charge de la gestion et de la distribution de matériels publics. Cette enquête, menée par les autorités haïtiennes, ciblait des irrégularités présumées dans l’attribution d’équipements militaires ou administratifs, révélant des liens entre certains élus et des acteurs économiques influents.
Après son transfert vers la République dominicaine, Francisco De La Cruz a été escorté jusqu’à la frontière nord, où il a été pris en charge par la Police nationale haïtienne (PNH). Son procès préliminaire est désormais confié au Service départemental de la police judiciaire (SDPJ) du Nord, une juridiction compétente pour gérer des dossiers d’une telle envergure. Les autorités poursuivent des investigations pour établir si l’ancien sénateur détenait ou avait orchestré des détournements de biens appartenant à l’État, en violation des lois sur la gestion des ressources publiques.
Cette arrestation intervient à un moment critique pour l’appareil judiciaire haïtien, confronté à des défis multiples liés à la corruption et à l’impunité. Les actions menées par la Polifront et la PNH illustrent une volonté de renforcer la coordination entre les forces de sécurité des deux pays, dans un effort pour traquer les présumés responsables qui tentent de fuir en territoire étranger. La communauté internationale et les organisations de défense des droits humains surveillent de près l’évolution de ce dossier, tout en appelant à la transparence des procédures judiciaires.
Pour sa part, l’ULCC a réitéré son engagement à poursuivre les enquêtes sur les réseaux de corruption, en collaboration avec les institutions judiciaires et les partenaires internationaux. Le ministère public a indiqué qu’un dossier détaillé serait bientôt présenté devant la cour compétente, afin de statuer sur les charges retenues contre Francisco De La Cruz. Les implications de cette arrestation pourraient avoir un impact significatif sur le climat politique local, en particulier dans le département du Centre, où l’ancien sénateur était très actif.
Les réactions des partis politiques et des citoyens restent à suivre, tandis que les autorités dominicaines et haïtiennes continuent de renforcer leurs partenariats pour lutter contre des pratiques illégales transfrontalières. Cette affaire soulève également des questions sur la nécessité de législations plus strictes pour prévenir les fuites de présumés criminels via des pays voisins.
Rédaction Kominotek NEWS

