
Les forces de sécurité haïtiennes, notamment la Police nationale, ont lancé hier mercredi une vaste opération militaire dans le quartier de Bas-Delmas, marquant une avancée significative contre les groupes armés. Cet assaut a abouti à la destruction totale de la résidence de Jimmy Cherizier, surnommé Barbecue, figure centrale du mouvement criminel « Viv Ansanm. » Depuis cet événement, le dirigeant, autrefois très présent sur les réseaux sociaux, est resté muet, suscitant des interrogations sur sa disparition soudaine.
Est-ce un silence calculé pour éviter de troubler les opérations en cours, ou une incapacité à riposter face à la détermination des forces gouvernementales ? Plus de 24 heures après ces actions, aucune déclaration officielle ne serait sortie de la part de Barbecue, dont les partisans se demandent où il se cache après la descente musclée dans son fief. Les réseaux sociaux sont divisés : certains croient qu’il a fui, d’autres espèrent qu’il prépare une contre-offensive.
Pendant ce temps, les forces de l’ordre poursuivent leurs raids dans plusieurs zones stratégiques de Port-au-Prince, comme Bel-Air, Delmas 6, La Saline et d’autres quartiers longtemps contrôlés par les gangs. Ces opérations, menées depuis plusieurs semaines, ont permis de désarmer des bandes armées et de capturer des individus liés à des activités criminelles. La Police nationale a confirmé avoir saisi des armes, des munitions et des véhicules, tout en détruisant des bâtisses utilisées comme bases opérationnelles. La résidence de Barbecue, identifiée comme un refuge clé, a été ciblée lors de la dernière opération.
Le gouvernement d’Alix Didier-Fils-Aimé, soutenu par la communauté internationale, affirme rester engagé dans la lutte contre l’insécurité, en préparation des élections prévues en août prochain. « Nous ne baisserons pas la garde tant que la paix ne sera pas rétablie sur tout le territoire, » a déclaré un responsable gouvernemental, sans préciser les mesures à venir. Cependant, les critiques persistantes sur la lenteur des réformes policières et le manque de moyens pèsent sur la crédibilité de ces engagements.
Cette opération de Delmas 6 symbolise un tournant, mais le défi reste colossal. Les gangs, bien ancrés et bien armés, ne se laisseront pas éliminer facilement. Pour les habitants des quartiers ciblés, la question reste : cette offensive marquera-t-elle la fin du règne de la terreur, ou n’est-elle qu’une bataille dans une guerre plus longue ?
Rédaction Kominotek NEWS

