
La région de Kenscoff, particulièrement la localité d’Obléon et ses environs, fait face à une crise sécuritaire sans précédent. Les habitants, désespérés, accusent les autorités locales de lâcheté face à l’expansion des groupes armés, qui contrôlent désormais des zones entières autrefois sous tutelle étatique. Les localités comme Obléon, Furcy, Kafou Badio et Invité sont désormais des enclaves de violence où la loi des gangs prévaut sans contestation.
Le 3 novembre 2025, un nouveau drame a frappé Obléon, située dans la commune de Kenscoff. Les jours précédents, des individus armés, identifiés comme appartenant au groupe d’Invité, ont attaqué des cultivateurs dans leurs champs. Selon des témoignages recueillis sur place, plusieurs personnes ont trouvé la mort, parmi elles des figures emblématiques de la région : Wilet, Rigaud, Nevèl et Henri Claude. Ces travailleurs agricoles, reconnus pour leur dévotion à la terre et leur sens de l’entraide, ont été victimes d’un meurtre barbare perpétré pendant qu’ils s’efforçaient de nourrir leurs familles.
« C’est une boucherie inacceptable, des innocents ont été massacrés par des assassins sans scrupule », a déclaré un habitant d’Obléon, choqué par la scène.
La population répète inlassablement que les autorités haïtiennes font preuve d’une inertie alarmante face à cette escalade de la violence. Depuis plusieurs mois, des gangs armés exercent un pouvoir de fait dans les zones rurales, réduisant à néant la présence étatique. Les faits se sont aggravés en octobre 2025, lorsque des tirs nourris ont été entendus à Obléon, malgré la survenue de l’ouragan Mélissa dans le Sud du pays. Sur le terrain de football de la localité, des habitants ont observé des corps mutilés ou décapités abandonnés sans soin, témoins d’un climat de terreur sans précédent.
Les chiffres officiels de l’ONU en Haïti révèlent que, entre janvier et mars 2025, les violences dans Kenscoff et Carrefour ont entraîné au moins 262 morts et 66 blessés. Parmi ces victimes, 115 civils, 147 membres de gangs et huit forces de sécurité. Plus de 1 600 personnes ont été contraintes de quitter leur domicile pour fuir les attaques. À Obléon, les enlèvements de masse ont marqué la communauté : en août 2025, huit personnes, dont une citoyenne étrangère, ont été kidnappées dans un refuge humanitaire. En parallèle, la destruction de maisons, de postes de police et d’écoles illustre la gravité de la crise.
L’impact économique est profondément préoccupant. La production agricole dans cette région, vitale pour l’approvisionnement en légumes de Port-au-Prince, est en ruine. Les prix des produits alimentaires explosent sur les marchés locaux, aggravant la précarité des ménages.
Aucune présence sécuritaire n’a été constatée dans la zone depuis plusieurs semaines. Les forces de l’ordre, les troupes kényanes et l’armée haïtienne semblent avoir abandonné les populations à leur sort. Selon les habitants, le gang « Viv Ansanm » contrôle désormais près de 90 % de la commune. Cette absence de réponse étatique alimente un sentiment d’abandon et de résignation parmi les victimes de cette crise sans précédent.
Rédaction Kominotek NEWS

