
L’ancien chef d’État haïtien Jocelerme Privert a lancé, le 17 octobre 2025, un appel pressant à la classe politique du pays pour mettre un terme à la transition prolongée et rétablir la légitimité constitutionnelle par la tenue d’élections libres, transparentes et inclusives. Dans une déclaration publiée cette date, il met en lumière une situation qu’il qualifie d’« intenable », soulignant le besoin urgent de restaurer la démocratie et de stabiliser le pays.
Pour M. Privert, la transition en cours, amorcée il y a près de six ans, constitue une menace pour la cohésion nationale et freine tout progrès concret. Il rappelle que, selon la Constitution de 1987 en vigueur, aucune période transitoire n’a jamais dépassé deux ans, plaquant un cadre juridique clair que les acteurs politiques ne peuvent ignorer. Selon lui, la mission d’un gouvernement temporaire doit se limiter à la préparation des élections et non à la perpétuation d’un système instable. Il dénonce vigoureusement les « luttes d’influence » qui, selon lui, cherchent à prolonger indéfiniment la période de transition, créant ce qu’il appelle une « transition dans la transition », une situation qu’il juge contraire à l’intérêt national.
Sur le plan sécuritaire, l’ancien président a salué la Résolution 2793 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée le 30 septembre 2025, qui autorise le déploiement d’une mission internationale d’appui à la sécurité en Haïti. Cependant, il insiste sur le fait que la responsabilité première incombe aux autorités locales. Pour lui, il est impératif de renforcer et de professionnaliser la Police nationale haïtienne afin de garantir la souveraineté du pays et d’assurer la protection des citoyens.
Alors que le Parlement reste inactif depuis 2020 et que de nombreuses municipalités sont gérées par des agents intérimaires, Jocelerme Privert exhorte à une mobilisation générale. Il appelle les partis politiques, la société civile et les partenaires internationaux à unir leurs efforts pour que l’année 2026 marque le retour à la légitimité constitutionnelle. Pour lui, la priorité absolue est l’organisation d’élections générales, qui permettront de redonner une dynamique démocratique au pays.
Dans sa conclusion, l’ancien chef d’État souligne que trois piliers sont indispensables pour relancer Haïti : la sécurité, la fin de la transition et la tenue d’élections crédibles. Il affirme que ces mesures sont cruciales pour restaurer la dignité du peuple haïtien et relancer le développement national. « Sans ces fondations, tout projet de progrès reste velléitaire », conclut-il, insistant sur l’urgence d’une action conjointe de tous les acteurs.
Au-delà des mots, M. Privert met en garde contre les retards et les manœuvres politiques qui, selon lui, mettent en péril l’avenir du pays. Il demande une volonté politique ferme pour surmonter les divisions et rétablir un cadre institutionnel stable, capable de répondre aux attentes des citoyens. Son message, clair et sans ambages, s’inscrit dans un contexte où l’impatience de la population face au vide politique croît de jour en jour.
Rédaction Kominotek NEWS

