Îles Turques et Caïques : Un citoyen haïtien meurt après une fusillade et un refus d’assistance médicale

Jacius Jacquelin Rosilma, un ressortissant haïtien âgé de 36 ans, est décédé des suites de ses blessures, plusieurs jours après avoir été grièvement touché lors d’une fusillade survenue le 27 juillet 2025 à Providenciales. Ce décès, survenu dans des conditions marquées par un refus présumé de soins, soulève des interrogations sur les obstacles que rencontrent les migrants pour obtenir des services de santé dans l’archipel.
L’incident, survenu au Island Hookah Lounge and Cigar, un établissement fréquenté de Providenciales où Rosilma travaillait comme agent de sécurité, a été classé par les autorités locales comme la première « tuerie de masse » jamais enregistrée sur l’île. L’attaque a causé trois morts immédiats et une dizaine de blessés, parmi lesquels plusieurs ressortissants haïtiens.
Blessé de manière critique par plusieurs balles, Rosilma a été transporté d’urgence au Cheshire Hall Medical Centre. Selon des déclarations recueillies par AyiboPost auprès de membres de sa famille, le centre médical aurait refusé de le traiter en raison de l’absence d’une couverture santé, malgré son statut légal dans les Îles Turques et Caïques. Son épouse, Phara Michelle, a affirmé que cette situation empêchait toute alternative pour la famille.
D’après les mêmes témoignages, le patient n’aurait pas reçu d’assistance médicale pendant presque deux jours avant d’être renvoyé à son domicile, son état restant néanmoins préoccupant. Face à cette réponse jugée inadéquate, ses proches ont décidé de l’expatrier en Haïti pour lui offrir des soins spécialisés.
Jacius Jacquelin Rosilma est finalement décédé le 1er août 2025 à l’hôpital Justinien du Cap-Haïtien. Deux autres victimes de la fusillade avaient, quant à elles, été évacuées à l’étranger par les autorités locales pour des traitements urgents. Cette mortalité intervient alors que les tensions s’intensifient autour de la présence haïtienne dans l’archipel, où les communautés haïtiennes constituent environ 35 % de la population, selon des chiffres de 2012.
Après cet événement tragique, le premier ministre Washington Misick a exhorté les Haïtiens à coopérer en fournissant des informations sur l’importation d’armes dans l’archipel. Par ailleurs, il a annoncé la suspension de six mois de l’octroi de nouveaux permis de travail et de visas, une mesure qui suscite des débats. Cet arrêté, alliant sécurité et gestion migratoire, vise à réduire les risques de violence liés à l’insécurité, mais soulève des critiques concernant son impact sur les échanges et la cohabitation entre les populations.
Les autorités locales ont également lancé une enquête approfondie sur les circonstances de la fusillade, tout en appelant à la stabilité dans une région où les enjeux socio-économiques et migratoires restent complexes. La communauté internationale suit ces événements avec attention, consciente que les solutions à ce conflit dépendront d’une collaboration étroite entre les Îles Turques et Caïques et les pays concernés, notamment l’Haïti, pour garantir un accès équitable aux droits fondamentaux, y compris la santé.
Rédaction Kominotek NEWS
